Mais ça sort d'où cette situation complètement hypothétique?
Ben voyons Tam, hypothétique.
Montre moi que c'est un cas qui arrive régulièrement, pour que ça vaille la peine d'en parler ici.
Sans te taper tout ce document (mais tu peux le faire) :
https://www.lafae.qc.ca/public/file/2.6-Plateforme-SASAF_WEB.pdfA) Il faut commencer le portrait à la page 8 où on peut voir la répartition des élèves en quatre catégories selon différentes valeurs :
1. L’élève n’a pas besoin de services de soutien à l’apprentissage du français. Il peut suivre normalement l’enseignement en français dans
une classe ordinaire (valeur 10).Cette catégorie est généralement composée d'immigrants de la 1ere génération dont la langue première était le français ou de la 2e génération ayant grandi chez nous en français. Pour caricaturer, là-dedans t'as le petit Français et la petite Haïtienne qui performent, participent et lèvent la main au moins aussi souvent sinon plus que leurs camarades Québécois d'origine.
2. L’élève a besoin d’un service de soutien linguistique d’appoint en français (SLAF). Ce service n’est pas offert sur une base quotidienne. L’élève est en mesure de suivre normalement l’enseignement en français dans une classe ordinaire, puisque l’acquisition de la langue française est déjà bien amorcée pour lui (valeur 11).Cette catégorie peut aussi bien inclure l'enfant motivé à rattraper le train parce qu'il veut s'intégrer que celui qui l'est beaucoup moins parce que ses parents sont résidents temporaires et qu'il sait qu'il ne parlera plus français de retour dans son pays d'origine.
3. L’élève a besoin d’un service intensif d’accueil et de soutien à l’apprentissage du français (SASAF). Il n’est pas en mesure de suivre normalement
l’enseignement en français. L’élève sera intégré directement en classe ordinaire ou fréquentera une classe d’accueil (valeurs 22 et 23).Nous n'en sommes qu'à la troisième catégorie et déjà, l'élève n'arrive pas à suivre normalement l’enseignement en français. De deux choses l'une, soit il est dans une classe spéciale la grande majorité du temps avec des ressources qui lui sont dédiées, soit il est en classe avec l'enseignant (ce dont parle Sharl).
4. L’élève a besoin d’un service intensif d’accueil et de soutien à l’apprentissage du français (SASAF) et il est en situation de grand retard scolaire. L’élève
peut fréquenter une classe ordinaire, une classe d’accueil ou une classe réservée aux élèves en situation de grand retard scolaire (valeurs 32, 33 et 34).À ce stade, si l'élève est en classe, la communication avec l'enseignant peut être à peu près inexistante.
B) Une fois fait, tu peux lire à la page 5 que le nombre d'élèves qui ont reçu des SASAF en 2023-2024 était :
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En classe d’accueil: 16 217 (pour lesquels ça prend un nombre de ressources hallucinant)
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En classe ordinaire: 12 440 (pour lesquels les enseignants sont loin d'être outillés de la même manière)
Rendu à 12 440 élèves, on s'entend que ce n'est plus hypothétique, ni même exceptionnel. Ce sont des élèves "dont les compétences linguistiques en français ne leur permettent pas, temporairement, de réaliser l’ensemble des apprentissages dans cette langue et qui requièrent des services intensifs et de première ligne à raison d’au moins une période par jour".