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 L'Encyclopédie du Peuple

Auteur Sujet: Didactique du discours en contexte de forum de discussion  (Lu 4004 fois)

cibiou

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Didactique du discours en contexte de forum de discussion
« Réponse #50 le: août 09, 2022, 07:36:41 am »
+1
Intéressante discussion. Les intervenants ici ont des styles bien différents, et notre attention sera bien différente aussi selon le moment de consultation du forum et pourquoi on est venu ce jour-là.

On en revient à recommender une approche classique et saine sur internet : si le format, le contenu ou l'intervenant ne nous conviennent pas à ce moment-là, passons notre chemin gentiment (sauf si c'est un des provocateurs habituels qui n'attend que ça et à qui ça fera plaisir qu'on réponde évidemment)

Plume

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Didactique du discours en contexte de forum de discussion
« Réponse #51 le: juillet 11, 2026, 09:05:59 pm »
+1
Chose certaine, être Juge à la Cour Supérieure Plume travaillerait dans mon bureau comme recherchiste, analyste et je lui ferais relire mes jugements pour avoir son opinion ou déceler une faiblesse éventuelle. Par contre, la candidature de Snookey passerait vite à la poubelle,,,

Pour ce qui est des messages et de l'humeur, cela tient beaucoup à certains traits de la personnalité qui, de premier abord, semblent pour certains éléments s'apparenter à un autisme de haut niveau, dont une obsession un peu maniaque de la complétude dans un de ses domaines de prédilection qui manifestement cause problème à certains. [...] 


Je tiens à te dire que j’ai pensé à toi, sharl ! Dans le cadre de mes autres problèmes de santé (neurologiques, physiques…) chroniques depuis plusieurs années, autrui (médecins, parents…) m’a notamment poussée à aller consulter un psychiatre, afin que je sois également évaluée sur ce plan-là, d’autant plus qu’il m’avait préalablement encouragée à monter un dossier MDPH (maison départementale des personnes handicapées) et que la MDPH de mon département est assez dure, c’est-à-dire que contrairement aux MDPH d’autres départements par exemple, elle n’octroie pas facilement des aides, au contraire. J’étais initialement réticente à l’idée de demander de l’aide à la MDPH (car j’ai tendance à vouloir me débrouiller toute seule), ainsi qu’à l’idée d’aller consulter des psys et de prendre des psychotropes (cf. mes expériences passées en la matière), mais après plusieurs années de refus et d’obscurité, j’ai fini par accepter d’entreprendre lesdites démarches (avec l'aide de certains professionnels). Vu que la situation est « catastrophique » (dixit ma neurologue, entre autres) dans mon département et que je devais obtenir un rendez-vous assez rapidement (j’ai quand même dû attendre plusieurs mois) pour mon dossier MDPH, j’ai été dans l’obligation de faire ce que l’on m’avait dit de faire, à savoir d’aller dans un CMP (centre médico-psychologique, établissement public). Entre-temps, j’ai reçu la réponse positive de la MDPH. Vu mes différents problèmes, je n’ai donc pas eu besoin du courrier d’un psychiatre pour avoir droit à certaines choses : RQTH (reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé) octroyée dès la première demande pour 5 ans + AAH (allocation aux adultes handicapés, qui est plus difficile à obtenir, question d’argent) octroyée après un recours de ma part, pour 2 ans avec effet rétroactif. J’ai malgré tout maintenu le rendez-vous en question, pour voir ce qu’il pourrait donner et dans l’espoir que cela puisse m’aider.

Lors du premier rendez-vous avec une psychiatre du CMP, j’ai évoqué mes divers problèmes et questionnements relatifs à différents troubles / pathologies, dont le TSA (trouble du spectre autistique). Je m’étais déjà interrogée à ce sujet (entre autres) il y a plusieurs années, mais je n’avais aucune certitude en la matière : certaines choses semblaient « coller » et d’autres non, à mes yeux. (La psychiatre du CMP m’a confirmé qu’il n’était pas forcément nécessaire de cumuler tous les symptômes répertoriés.) J’avais donc mis cela de côté. Je suis davantage sûre de mon diagnostic TDAH, posé dès l’enfance et à une époque où personne ne disait qu’il était à la mode, car il n’était pas encore très connu en France. Je faisais partie d’une étude en la matière, je fus régulièrement suivie sur la durée (plusieurs années) par des équipes spécialisées (hôpitaux parisiens), on m’a fait passer de multiples tests, je fus mise sous Ritaline, etc. Toutefois, à l’époque, le DSM-V était loin d’être encore sorti (la cinquième édition a été publiée en 2013 et sa version révisée est sortie en 2022, il me semble) et il n’était pas possible de diagnostiquer un TDAH + un TSA à la fois (diagnostics exclusifs), contrairement à aujourd’hui. D’après certaines études, il n’est pourtant pas rare que les deux coexistent chez un même individu… Vu que mon cas me semblait assez complexe (TDAH diagnostiqué dès l’enfance + autres pathologies), j’ai insisté à plusieurs reprises concernant la passation de tests (ADOS-2, par exemple) et l’orientation vers le CRA (centre ressources autisme) de ma région, par exemple. Mon médecin traitant a même envoyé un mail au CRA de ma région, puis mon père a contacté ce dernier par téléphone afin qu’il m’envoie un dossier de demande de consultation, que j’ai finalement reçu. Toutefois, la psychiatre en question m’a répété à plusieurs reprises qu’il n’était pas nécessaire à ses yeux de m’orienter vers le CRA, ni de me faire passer certains tests relatifs au TSA (ADOS-2, par exemple), car c’était assez évident et qu’elle n’avait pas vraiment de doutes à ce sujet-là. Elle a finalement clairement diagnostiqué un TSA de niveau 3 sans déficience intellectuelle à la fin du deuxième rendez-vous, qui a eu lieu quelques mois après le premier.

Le hic, c’est que je suis l’une des premières personnes à vouloir être sûre sûre sûre des choses et à souhaiter une analyse approfondie, d’autant plus que je ne suis pas sûre de grand-chose en général, ni de moi, ni d’autrui. D’aucuns se seraient sûrement contentés de ce diagnostic et auraient pu dire qu’un psychiatre est plus compétent qu’eux à ce sujet, même s’ils ont également lu le DSM-V, les recommandations en la matière, etc. Pour ma part, j’ai du mal… Étant donné que j’avais lu que le parcours diagnostique était souvent long et difficile/semé d’embûches, le mien m’a semblé assez rapide, d’autant plus que l’objet de la consultation n’était pas spécifiquement relatif au TSA à la base. Dans un article que j’ai lu, il est écrit que le psychiatre, chercheur et professeur d'université « Laurent Mottron [par exemple] plaide pour [des diagnostics sans test] dans ce qu’il nomme des autistes de couloir, c’est-à-dire que l’on sait qu’ils sont autistes dès leur arrivée dans le couloir ». En ce qui me concerne, j’ai limite (peut-être pas à ce point-là quand même) eu cette impression-là : que ma psychiatre actuelle avait déjà un avis à ce sujet avant que l’on ait vraiment bien approfondi les choses. (Lors de notre première rencontre, j’avais d’ailleurs à peine eu le temps de m’asseoir et nous avions à peine eu le temps d’échanger quelques mots qu’elle m’avait demandé quel était mon accent, car elle trouvait que j’avais un accent, voire des accents, non français… Elle était même allée parler à mon père dans la salle d’attente afin de voir s’il avait le même « accent » que moi, et non à ses oreilles. Or, je ne parle que le français couramment…) Cela me refait penser à l’une de mes enseignantes… Un jour, avant un examen oral à l’université, j’étais très anxieuse en attendant mon tour… J’étais assise par terre, dans un couloir, et (comme souvent depuis toujours, que je sois stressée ou contente) je me balançais énormément… L’enseignante en question, avec qui je m’entendais bien en principe, était passée dans ledit couloir à un moment donné, et elle m’avait dit en rigolant : « on dirait une autiste ! »
Bien sûr, on ne pourrait pas penser que ma psychiatre a fait cela pour le « business », car je ne lui ai pas versé d’argent (CMP) … Elle n’exercera plus dans ce CMP ni dans les environs dans quelques mois ; c’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles mon diagnostic fut posé assez rapidement, je ne sais pas…   
Elle n’était, certes, pas dans l’obligation de me faire passer des tests (ces derniers sont souvent recommandés mais pas obligatoires), qui ne confirment ou n’infirment pas à eux seuls un diagnostic mais qui peuvent être utiles dans le cadre du diagnostic, et/ou de m’adresser au CRA de ma région, mais j’aurais bien aimé qu’elle le fasse (idéal) pour être davantage sûre de ce diagnostic. Concernant les CRA, les avis sont mitigés à leur sujet et personnellement, j’ai l’impression que tout est en quelque sorte fait pour « éviter » que l’on passe par eux et pour qu’ils ne soient consultés qu’en « dernier recours », en cas de situation complexe. Sur le site Internet du CRA de ma région, il est par exemple écrit : « À partir de 18 ans, la personne concernée doit prendre contact avec : une structure de type CMP ou un psychiatre en libéral. » Et la demande de consultation de mon CRA doit être formulée par un médecin psychiatre, notamment. Lorsque j’ai dit à ma psychiatre que ma situation me semblait justement « complexe » et qu’une évaluation par l’équipe pluridisciplinaire du CRA était donc peut-être nécessaire, elle m’a répondu que ma situation était certes complexe vu mon historique, mais que l’on faisait appel au CRA en cas de doute, or elle ne doutait pas en l’espèce.

Outre le diagnostic « TSA de niveau 3 sans déficience intellectuelle » (le niveau concerne le niveau de sévérité / soutien nécessaire, de 1 à 3), la psychiatre a notamment recommandé une orientation en ÉSAT (établissement et service d'accompagnement par le travail) et elle m’a proposé de participer à des ateliers en hôpital de jour. (Cela ne concerne pas que les personnes qui ont un TSA. Certaines sont en dépression, etc.) J’ai accepté et commencé à participer à divers ateliers (répartis en plusieurs catégories : activité physique, création, sensoriel, cognition et expression) en hôpital de jour, dans l’espoir que cela puisse m’aider. Nous sommes d’abord évalués de façon pluridisciplinaire durant 1 mois, avant que l’on nous oriente vers les ateliers les plus adaptés à nos cas respectifs. En revanche, je ne souhaite pas aller dans un ÉSAT ; j’ai d’autres projets, envies, etc., que j’espère encore pouvoir concrétiser un jour.

Je pense que j’essaierai d’obtenir un autre avis médical lorsque l’occasion se présentera.

Voilà, j’ai pensé à toi car je me suis dit que tu allais possiblement être content d’avoir peut-être (je n’en suis pas sûre à 100 %, pour ma part) vu « juste » sur ce point précis. ^^

« Modifié: juillet 11, 2026, 10:04:00 pm par Plume »
« Si la musique nous est si chère, c'est qu'elle est la parole la plus profonde de l'âme, le cri harmonieux de sa joie et de sa douleur. » (Romain Rolland)

sharl

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« Réponse #52 le: juillet 11, 2026, 10:42:12 pm »
0
Dans cette jungle, je pense qu'il faudra trouver ta propre voie/voix.

À cet égard, je te suggérerais -- comme à tous d'ailleurs -- la lecture d'Une vie bouleversée de Etty Hillesum; un livre brillant un brin mystique et bouleversant.

sharl

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« Réponse #53 le: juillet 16, 2026, 04:33:46 pm »
0
Ça n'a pas rapport avec ce qui précède, mais parce qu'on parle de psycho et qu'on m'en a parlé tout récemment, le truc à la mode actuellement et un peu "flyé" est ce qu'on appelle la Constellation famille (ou Constellation familiale).

Une série Netflix est même basée sur ça: Le chemin de l'olivier. Grosso modo,  on hériterait des problèmes des générations qui nous ont précédées et c'est dans le cadre d'une psychothérapie de groupe qu'elles peuvent se révélées et qu'on peut s'en libérer. C'est flyé mais très "in" actuellement et des ateliers se donnent  un peu partout, tant au Québec qu'en France.

Chose certaine, vous en entendrez de plus en plus parler.

Évidemment, ce n'est pas un truc que je recommanderait à Plume. Perso, par curiosité je pense que ça m'intéresserait de l'essayer pour voir la faune qu'on y trouve et comprendre pourquoi il semblerait que bizarrement ça marche -- en tout cas le business semble bien marcher et prendre de l'expansion.

"Propulsée en 2022 par la diffusion de la série Le chemin de l’olivier sur la plateforme de diffusion en continu Netflix, cette pratique connaît actuellement un engouement certain, et l’offre d’ateliers de constellations familiales et de formation à cette thérapie semble avoir augmenté au Québec." : 
https://www.ordrepsy.qc.ca/-/la-therapie-par-les-constellations-familiales-considerations-deontologiques-et-legales
« Modifié: juillet 16, 2026, 04:50:36 pm par sharl »

Plume

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« Réponse #54 le: juillet 16, 2026, 04:58:22 pm »
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Première fois que j’en entends parler, il me semble. N’ayant pas Netflix, je n’ai pas vu la série en question, non plus.
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cibiou

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« Réponse #55 le: juillet 17, 2026, 03:38:44 am »
0
Je suis très cartésienne et pragmatique, mais j'ai à coeur de garder l'esprit ouvert. Je suis assez convaincue qu'il y a encore beaucoup d'élements pas encore expliqués par la science mais néanmoins réels - donc je prend toutes les occasions de tester.

Les constellations familiales : déjà essayé un peu par hasard il y a 1 ou 2 ans - ça m'a paru complètement fumeux ;)
Cela dit, ça a au moins comme avantage de libérer la parole, et ça peut déjà être un élément thérapeutique pour certains

Mais je retiens cette expérience, parce qu'une des dames rencontrées à l'occasion, un peu perchée mais adorable, m'a dit quelquechose d'absolument non lié à l'atelier qui a été une révélation pour moi et a considérablement amélioré ma santé mentale.



ps: contente que tu aies pu avancer dans ton diagnostic Plume. Je suis d'accord avec Sharl, je te souhaite surtout de trouver ta voie à toi au milieu de tout ça. Il n'y a peut être pas de case pour toi encore et ce n'est peut-être pas grave.

Lisa

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« Réponse #56 le: juillet 17, 2026, 10:11:33 pm »
0
C'est drôle, Plume, que tu cites Laurent Mottron comme faisant des diagnostics rapides: pour travailler en parallèle avec une patientèle commune, il est connu ici comme le psychiatre de qui il est très rare d'avoir un diagnostic TSA / je l'ai vu retirer des diagnostics aussi.

J'ai vu à date un ou deux de ses rapports où il conclu à un TSA, pour des dizaines où il ne conclu pas.

L'accent est effectivement un signe de TSA assez fréquent, et pour le peu que je connaisse de toi, je ne suis pas surprise. Tu peux regarder les publications des AuDHD (Autism-ADHD), tu verras si ça te parles.

https://autisticgirlsnetwork.org/knowledge_base/audhd/
https://www.additudemag.com/audhd-autism-adhd-experience
"It's amazing how I can feel sorry for you and hate you at the same time. I'm sure there's a German word for it." - Lisa

sharl

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« Réponse #57 le: juillet 18, 2026, 10:26:36 am »
0
Pour ce qui est de la série Le chemin de l'olivier sur Netflix, je ne l'ai pas aimée et n'irai pas loin avec elle.

Par contre, pour un scénariste, les Constellations familiales et l'accès aux drames des générations précédentes et aux séquelles qu'on en aurait hérité offre un potentiel exceptionnel. D'ailleurs, cette série est en soi une info-pub pour cette "psychothérapie". De plus, cette série semble surtout s'adresser à un public féminin et suit la vie de trois grandes amies. Dès les premiers épisodes, la première guérit d'un cancer, la seconde se libère de son aquaphobie et la troisième sceptique (comme Cibou) est une chirurgienne réputée qui découvrira la cause de ce tremblement de la main qui vient de ruiner sa carrière. Le tout dans le contexte de leur vie familial, sentimental et professionnel. 

Si j'étais scénariste d'un épisode impliquant Plume et cet insolite accent décelé par son enseignante et plus tard sa psychiatre, on se retrouverait dans une Russie en pleine ébullition et cet accent serait slave. Mystère résolu! Et il ne serait pas que slave, trop simple, mais aussi lié à un problème d'élocution aux conséquences dramatiques chez une aïeule. Ce qui expliquerait aussi une obsession pour la clarté et précision.  Pas mal comme scénario,,,
« Modifié: juillet 18, 2026, 01:28:02 pm par sharl »

Plume

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« Réponse #58 le: juillet 18, 2026, 07:05:42 pm »
0
C'est drôle, Plume, que tu cites Laurent Mottron comme faisant des diagnostics rapides: pour travailler en parallèle avec une patientèle commune, il est connu ici comme le psychiatre de qui il est très rare d'avoir un diagnostic TSA / je l'ai vu retirer des diagnostics aussi.

J'ai vu à date un ou deux de ses rapports où il conclu à un TSA, pour des dizaines où il ne conclu pas.

L'accent est effectivement un signe de TSA assez fréquent, et pour le peu que je connaisse de toi, je ne suis pas surprise. Tu peux regarder les publications des AuDHD (Autism-ADHD), tu verras si ça te parles.

https://autisticgirlsnetwork.org/knowledge_base/audhd/
https://www.additudemag.com/audhd-autism-adhd-experience


Dans l’article en question, qui énumère certains « arguments en faveur d’un sous-diagnostic » et d’autres « en faveur d’un surdiagnostic » de TSA, il n’est pas écrit que Laurent Mottron pose généralement des diagnostics de façon rapide, mais juste que dans ce cas précis, « ce qu’il nomme des autistes de couloir, c’est-à-dire que l’on sait qu’ils sont autistes dès leur arrivée dans le couloir », Laurent Mottron plaide pour des diagnostics sans test, apparemment. Je ne sais pas où l’auteur de l’article a lu ou entendu cela, en revanche. Par ailleurs, il est également écrit ceci dans l’article susmentionné : « Laurent Mottron le suggère, un surdiagnostic influencerait la recherche et risquerait de comparer des populations extrêmement hétérogènes. » https://aspieconseil.com/2021/09/19/sous-diagnostic-ou-surdiagnostic-dautise/

En parallèle, j’ai par exemple également lu ceci concernant Laurent Mottron :

« Ces instruments (ADI-R & ADOS) ont une bonne sensibilité, mais une spécificité médiocre. Même utilisés par des personnes formées, ils sont incapables d’identifier des adultes très verbaux qu’un clinicien aguerri sera capable de reconnaître. Au contraire, ils intègrent dans l'autisme de multiples tableaux pédopsychiatriques qui n'ont pas grand-chose à voir avec l'autisme. Être ‘’formé’’ à un outil ne remplacera jamais le fait d’avoir été exposé à une large population. De nombreux travaux montrent que des personnes exposées à une large population sont en désaccord avec le résultat des outils dans près de la moitié des cas.
[…]
On est incapable de faire des critères qui ne soient pas ou trop restrictifs, ou trop larges. Nous sommes actuellement dans un état des connaissances où la notion de ‘’critère’’ fonctionne mal. Et même si c’est difficilement acceptable, autant par le grand public que par beaucoup de scientifiques, je crois que les experts, au sens de personnes ayant été exposées à une très large population, ont un avis plus fiable que les outils, quels qu’ils soient.
[…]
Un des gros problèmes du surdiagnostic, c’est qu’il va susciter des réactions de fond critiquant le diagnostic d'autisme, même lorsque celui-ci est correct. Je me bats contre l’extension actuelle indue du diagnostic d’autisme, avec la conviction de rendre un vrai service à ceux qui justifient de ce diagnostic, et même si cela les met en colère, à ceux qui se l’attribuent sur des arguments très faibles. Je vois pourtant de plus en plus de personnes qui se reconnaissent des ressemblances avec l’autisme, mais qui sont prêtes à en parler de manière critique à des professionnels, plutôt que de le clamer sur la place publique de façon défensive, voire agressive. Ceci est encourageant, on est peut-être en train de tourner un peu la page. » https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/blog/130326/autisme-questions-laurent-mottron

« Laurent Mottron, psychiatre et chercheur dans le domaine de l’autisme à Montréal, s’inquiète de l’effacement des frontières entre autisme et non autisme, comme il a contribué à le démontrer dans une méta-analyse récente (Rodgaard et al., 2019 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31433441/), au point que les personnes diagnostiquées autistes actuellement ne présenteraient plus que très peu de différences avec les personnes non autistes. Il propose ainsi l’élaboration de nouveaux critères diagnostiques pour contrer ce phénomène (2023). » https://ouest-edel.univ-nantes.fr/passerelleshs/index.php?id=298
https://www.pairs-tnd.fr/refondation-de-lautisme-pourquoi-lappel-de-laurent-mottron-au-prototype-defie-le-spectre-tsa-et-interroge-nos-pratiques/

« Pour certains, la vague de diagnostics chez les femmes adultes correspond à un rattrapage historique nécessaire. Pour d'autres, c'est une dérive inquiétante.
Le Dr Laurent Mottron, psychiatre à l'Hôpital en santé mentale Rivière-des-Prairies et professeur à l’Université de Montréal, est l'une des voix les plus critiques. Pour lui, l’autisme est devenu une "solution par défaut" pour expliquer tout sentiment de différence ou de malaise identitaire. » https://ici.radio-canada.ca/info/long-format/2240070/autisme-femmes-augmentation-incidence

https://books.openedition.org/ugaeditions/29920?lang=fr

Spoiler for Hiden:
Laurent Mottron, médecin psychiatre et chercheur

« La mise en question du sex-ratio classiquement admis, à partir de la possibilité que l’autisme chez les femmes ne se présente pas de la même manière que chez les hommes, et donc que des critères élaborés chez les autistes hommes manquent à un certain nombre de personnes, était une idée brillante qui méritait d’être prise très au sérieux. Les choses se sont gâtées par la suite. Cet ouvrage, nuancé et informé, écrit par une femme dont toute la vie et les écrits sont cohérents avec une appartenance à la forme « syndrome d’Asperger » de l’autisme, constitue une synthèse précieuse de là où nous en sommes – même si le champ doit être considéré comme ouvert. Beaucoup de questions sont encore sans réponses.

Certaines des interrogations non résolues sur ce point sont inhérentes à la détection de l’autisme chez des personnes adultes, verbales, intelligentes, dont l’adaptation au moins académique peut être excellente. Elles ne sont pas propres aux femmes. Une des dérives les plus lourdes de conséquences sur cette question est d’assimiler autisme invisible et autisme féminin. C’est aussi injuste pour les hommes que c’est faux pour les femmes. Le sex-ratio avant que toute cette histoire ne commence était autour de 4/1, et non de 100/1. Il a toujours existé un certain nombre de femmes qui correspondent, sans aucun changement, aux critères classiques de l’autisme. Simplement, il y en a moins que d’hommes. Il faut donc le rappeler, pour corriger cet amalgame que l’autisme féminin serait forcément différent. Le message de la recherche de ces dernières années est que les différences entre les hommes et les femmes autistes sont de même nature que celles entre les hommes et les femmes en général.

Là où cela se complique, c’est que parmi ces différences liées au sexe – qui font les choux gras de la « folk-psychologie », et qui mélangent de façon dangereuse préjugés idéologiques, traditions sociologiques et recyclage de différences biologiques – certaines mettent la masculinité et l’autisme du même côté. Dit autrement, lorsqu’on fait une caricature de ce qui oppose l’homme et la femme, on définit un certain nombre de « traits » qui ressemblent à ceux par lesquels on définit l’autisme – ne parler que sur des contenus, par exemple, plutôt que parler pour parler. Ces caricatures sont insultantes pour les femmes, qui seraient ainsi réduites à de grégaires girouettes. Un des points faibles de cette idée que l’autisme masculin et l’autisme féminin diffèrent, intéressante au départ, est de s’appuyer sur un discours relatif à la différence des sexes éminemment réactionnaire. Le plus étrange est que les personnes qui soutiennent avec fanatisme cette idée d’autisme invisible, qui me semblent en général féministes, ne paraissent pas voir qu’elles font en fait le lit de positions, qui, si elles étaient exprimées isolément, leur feraient, avec raison, horreur. La remise en question par une personne des stéréotypes de genres est ainsi devenue un signe en faveur de l’autisme chez les personnes queer nées biologiquement femmes, ce qui ne devrait pas et pas automatiquement. Ce n’est pas parce que les autistes ont une distance diagnostique avec les stéréotypes sociaux que toute remise en question de ces stéréotypes, qu’elle soit intime, philosophique ou les deux à la fois, doit être identifiée à l’autisme.

Un autre des problèmes liés à la dérive actuelle identifiant l’autisme invisible à l’autisme féminin, autour de la notion maintenant fort critiquée de camouflage, est qu’elle tend à ne pas prendre en compte que l’autisme en général, homme ou femme, devient de moins en moins visible au cours de la vie chez les personnes verbales et intelligentes. En tant que clinicien un peu âgé, j’ai eu maintes fois l’occasion de revoir à trente ans des personnes que j’avais diagnostiquées à cinq, et me dire en toute bonne foi que si je n’avais pas mon propre rapport entre les mains, je n’aurais pas identifié cette personne adulte comme autiste avec certitude. Cette expérience est troublante, et recouvre le fait bien connu chez les cliniciens que des personnes, hommes ou femmes, clairement de type Asperger n’atteignent souvent pas les cut-off (seuils) de l’ADOS-2 module 4 à l’âge adulte. Nous avons tenté d’élaborer des maximes provisoires d’action pour les cliniciens de manière à la fois à ne manquer personne, et à ne pas inclure par des critères trop larges d’autres conditions. Toutefois, ces critères reposent sur la notion d’expertise, bien difficile à opérationnaliser et se prêtant à toutes sortes d’impostures ou d’autoproclamations.

Une façon d’objectiver à quel point toute la planète psychiatrique est hésitante et en attente de décisions sur la question de l’autisme féminin est d’examiner les diagnostics qui sont portés en comorbidité avec celui d’autisme, lorsque celui-ci est porté tard. Nous avons pu montrer sur de larges bases de données danoises (Rødgaard et coll., 2021) que chez les femmes, ce diagnostic est donné avec de multiples autres, qui sont par ailleurs également plus rares chez les femmes dans la population générale (par exemple : autisme et hyperactivité, autisme et trouble des conduites, autisme et syndrome de Gilles de la Tourette). Ceci nous indique bien que le clinicien ne sait pas trop quoi faire avec les femmes en général, pas seulement celles qui se reconnaissent dans l’autisme ou qu’ils reconnaissent comme telles. Il est possible que du fait du sex-ratio initial, l’autisme ait représenté une occasion pour la psychiatrie de s’interroger sur les effets du sexe sur les signes des conditions psychiatriques. Même si les premières réponses sont balbutiantes — comme dans tout abord scientifique d’une question — cela reste un grand et digne sujet.

Enfin, le principe trop vite accepté par les médias, et souvent repris par des personnes cherchant une identité et vocales dans les médias sociaux, que l’autisme féminin pouvait être invisible, a mis en valeur que nous ne savons pas identifier l’extension de l’autisme. Aucun critère ou marqueur actuellement admis ne permet de trancher entre un autisme, mettons, à 1 % de la population humaine, et un autisme à 2.5 %. La différence entre traits et condition, la conception actuelle de trait autistique, sont hautement provisoires. J’ai largement questionné la nature « autistique » des « traits autistiques » qui malheureusement est prise pour un dogme par certains (Mottron, 2021b).

Que conclure, dans ce moment d’indécision ? L’autisme féminin invisible existe chez les femmes, mais chez les hommes aussi. Dans les deux cas, il a été davantage visible à un plus jeune âge. S’il ne l’a jamais été, l’appartenance à l’autisme est infalsifiable dans l’état actuel des connaissances. En revanche, la légitime question de ce que deviennent les différences génériques homme / femme lorsqu’on est autiste, ne peut avancer que si l’on fait la part de l’idéologique et du biologiquement contraint en matière de différence des sexes, ce qui, à ce que je vois autour de moi, n’en est qu’à ses débuts. Dans l’attente que ce champ ait atteint sa maturité, les échelles de traits autistiques sont incapables de distinguer une masculinité de caricature de ce qui appartient à l’autisme (Barbeau et coll., 2009). »


Quelques années plus tôt, relativement à l’autisme au féminin, Laurent Mottron disait des choses telles que : https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/les-eclaireurs/segments/entrevue/37982/autisme-femme-etude-differences-hommes :

Spoiler for Hiden:
« L’autisme n’est pas juste une affaire d’hommes. On est en train d’étudier ça de près avec beaucoup de femmes autistes », dit le psychiatre Laurent Mottron. Le trouble du spectre de l’autisme chez les femmes est souvent non diagnostiqué, car les critères de diagnostic ont toujours été établis à partir d’observations faites chez les hommes. Or, les chercheurs commencent à réaliser que chez les femmes, l’autisme se présenterait différemment.

Depuis quelques années, des voix s’élèvent pour dénoncer le fait que de nombreuses femmes reçoivent un diagnostic sur le tard ou tout simplement erroné.

Souvent, une femme qui croit souffrir d’un trouble du spectre de l’autisme n’est pas prise au sérieux, note Laurent Mottron, titulaire d’une chaire de recherche en neurosciences cognitives fondamentales et appliquées du spectre autistique à l’Université de Montréal (UdeM).

Depuis 70 ans, les études font état d’un ratio de 4 hommes pour 1 femme en ce qui concerne le diagnostic d’autisme dit « de bas niveau ». Chez les autistes « de haut niveau », dotés d’une intelligence supérieure à la moyenne, ce ratio est établi à 9 hommes pour 1 femme.

Or, les certitudes scientifiques concernant cette prédominance masculine commencent à être ébranlées depuis 15 ans, dit Laurent Mottron. L’autisme féminin existerait autant que l’autisme masculin : il serait simplement moins flagrant et apparent aux yeux des médecins.

« Si on trouve plus d’autistes hommes que femmes, d’autant plus chez les personnes qui sont intelligentes, c’est peut-être parce que plus les femmes sont intelligentes, plus elles présentent une forme d’autisme qui va être éventuellement moins visible. »  — Une citation de Laurent Mottron, psychiatre

Par exemple, si les garçons ont tendance à être turbulents, les filles, quant à elles, vont souvent demeurer sages. Elles camoufleraient même leurs symptômes, dit Laurent Mottron, et cela se poursuivrait à l’âge adulte. « Les femmes auraient une plus grande facilité que les hommes, ou un plus grand désir que les hommes, à correspondre aux attentes du groupe. »

Selon Laurent Mottron, de plus en plus de femmes se reconnaissent dans le spectre autistique, même si elles n’ont jamais reçu de diagnostic en ce sens en psychiatrie. Voilà pourquoi il mène le projet de recherche baptisé « L’autisme au féminin », en collaboration avec l’École des hautes études en sciences sociales, basée à Paris. […]

« Il y a quelque chose d’important à trouver là. […] Ce que je sais, c’est qu’il existe un groupe impressionnant de femmes de très haut quotient intellectuel qui ont toutes le même vécu d’étrangeté, qui s’identifient à l’autisme, et ce qu’elles disent est crédible. »  — Une citation de Laurent Mottron, psychiatre



Flûte, mon message est trop long... :smiley9:



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Plume

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« Réponse #59 le: juillet 18, 2026, 07:09:34 pm »
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Bien que la France ait plus de retard que d’autres pays (anglo-saxons, notamment) en la matière, certaines personnes formulent des critiques similaires : « c’est à la mode », etc. Idem concernant d’autres troubles, comme le TDAH, par exemple. Je suis d’ailleurs tombée sur un article qui parlait de surdiagnostic du TDAH et de surmédication au Québec, et qui disait que la France se distinguait « par une certaine prudence dans le diagnostic et une réticence à recourir immédiatement à la pharmacologie » : https://www.institut.neurosens.fr/blog/halte-au-surdiagnostic-du-tdah.html. Il est vrai que dans mon cas personnel, la Ritaline n’avait été introduite qu’après l’échec de diverses thérapies (à l’époque). Reste qu’en France, certains individus parlent également de surdiagnostic depuis plusieurs années. Il nous en faut peut-être moins pour parler de surdiagnostic…

S’agissant du TSA, les critiques formulées par Laurent Mottron me font penser à certains propos polémiques tenus par Josef Schovanec : « Schovanec : "Autisme adulte, trop de diagnostics abusifs" » : https://informations.handicap.fr/a-schovanec-autisme-adulte-diagnostics-abusifs-12649.php.

Cette entrevue a fait réagir certains militants, associations et une partie des personnes autistes :

- CLE Autistes : https://cle-autistes.fr/non-josef-schovanec-diagnostics-abusifs-autisme/
https://asso.cle-autistes.fr/communique-reponse-a-josef-schovanec-les-diagnostics-abusifs-ca-nexiste-pas/

- Ta psychophobie m'envahit – Josef Shovanec et les faux autistes : réponse : https://tapsychophobiemenvahit.wordpress.com/2020/02/28/josef-shovanec-et-les-faux-autistes-reponse/

- Réponse à Schovanec qui dénonce des « faux autistes » : https://pourquoipasautrement.wordpress.com/2020/03/07/reponse-schovanec-faux-autistes/

- Etc.

Pour ma part, je connais (pas personnellement) Josef Schovanec depuis plusieurs années. Je l’ai découvert par hasard, lors d’une entrevue télévisée. À l’époque, certains de ses propos m’avaient plu et/ou parlé, et j’avais conséquemment effectué des recherches à son sujet par la suite. Depuis, j’ai visionné un certain nombre de ses conférences, entrevues, etc. J'en ai d'ailleurs déjà parlé ici, il me semble.

Spoiler for Hiden:
- La comédie de la normalité :

- La thérapie par le voyage :

- La différence dans l’art :

- Nos intelligences multiples, le bonheur d’être différent :

- Conférence de Josef Schovanec sur l'humour :

- Conférence de Josef Schovanec à la Faculté de Médecine de Tours le 22 mai 2015 :

- Rencontre Autistik #2 : Témoignage de Josef Schovanec :

- Etc.

Toutefois, avant qu’une autre personne ne m’en ait parlé (assez récemment), je n’avais pas connaissance de ses propos polémiques, d’autant plus que je ne fréquente pas vraiment de communauté « neuro-atypique ».

À dire vrai, certains propos tenus par Josef Schovanec dans le cadre de l’entretien en question m’ont surprise. Ils ne m’auraient pas forcément étonnée de la part d’autres individus, car je sais qu’un certain nombre de troubles, etc., font l’objet de critiques. Mais venant de Josef Schovanec, ils m’ont surprise, car je ne m’y attendais pas. Dans ma tête, après avoir visionné un certain nombre de ses conférences, etc., Josef Schovanec militait pour l’inclusion des personnes autistes, quelles qu’elles soient, et des personnes différentes/neurodivergentes, plus largement. Je ne savais pas qu’il avait lui-même une certaine vision/représentation de l’autisme, pour ne pas dire du « vrai ou faux autisme ». (Ou alors sa position a changé/évolué au fil du temps…) À un moment donné, il évoque par exemple un certain nombre d’éléments qui, selon lui, « sont clairement indicateurs d'abus ». Parmi les éléments en question, il cite notamment le fameux « « carré magique de l'inclusion sociale », à savoir emploi-logement-famille-voiture, avec une mention particulière pour les personnes ayant eu un nombre important de partenaires sexuels ». Pente glissante, à mon avis… À noter qu’il ne remplit lui-même pas tous ses propres « critères ». Il a pourtant été diagnostiqué autiste malgré tout, après avoir reçu un autre diagnostic erroné… Certains de ses « critères » ne figurent même pas dans le DSM-V, par exemple, alors que dans l’entrevue en question, il dit initialement que l’autisme « fait l'objet d'une définition sérieuse et médicale » (sous-entendu : celle dont il faudrait tenir compte). Du reste, je ne sais pas d’où il sort certains chiffres… Quoi qu’il en soit, il me semble que Josef Schovanec n’est pas médecin psychiatre et qu’il n’est donc pas habilité à poser ou à infirmer des diagnostics reçus par des personnes qu’il n’a, qui plus est, souvent jamais vues.

Il est vrai que certaines personnes s’auto-diagnostiquent (TSA, TDAH, etc.). (Difficile de savoir exactement qui se cache réellement derrière l’écran, d’ailleurs.) Je suis également d’accord avec le fait qu’un auto-diagnostic n’est pas un diagnostic médical, et qu’autrui peut légitimement douter de la réalité du trouble en question chez la personne qui s’est auto-diagnostiquée. En pareil cas, le fait de dire « Je pense être autiste » suscite probablement moins de réactions négatives que le fait de dire « Je suis autiste » et de le revendiquer partout. (Personnellement, j’ai davantage constaté ce phénomène sur le Net, Reddit et les réseaux sociaux. Dans ma vie hors ligne, je n’ai encore jamais eu affaire à un individu qui s’était auto-diagnostiqué autiste. Et pour ma part, j’estime que l’on ne se résume pas à nos troubles. Je ne suis pas TDAH, j’ai un TDAH, par exemple, et puis voilà… Et je ne trouve pas cela particulièrement valorisant, en ce qui me concerne.) Cependant, concernant le TSA par exemple, l’on sait également que le parcours diagnostique est souvent long (plusieurs années d’attente parfois) et difficile. Certains individus ne veulent ou ne peuvent pas l’entreprendre, ce qui peut également se comprendre. (Josef Schovanec le dit pourtant lui-même par ailleurs, même s’il est toujours dans sa distinction bancale « vrais vs faux autistes » : « rares sont les autistes véritables à entamer et mener à son terme le parcours du combattant du diagnostic. ») Quant à ceux qui l’entreprennent, ils ne sont pas assurés d’obtenir une analyse (tests, etc.) et un diagnostic (quel qu’il soit) sérieux, exacts et incontestables. L’on peut parfois douter dans les deux cas. Si les médecins posent parfois des diagnostics erronés, ce n’est pas forcément à cause des patients, qui n’y peuvent parfois pas grand-chose. 

Concernant les CRA, par exemple, ils font également l’objet de critiques. Apparemment, tous ne se valent pas. Certains auraient une vision antédiluvienne de l’autisme. D’aucuns leur reprochent de ne diagnostiquer que les cas jugés « sévères » d’autisme et de ne diagnostiquer que des potentielles comorbidités dans les autres cas. Etc. Lorsque j’ai fait part à ma psychiatre des critiques d’autrui relativement aux CRA, elle m’a répondu : « Mais votre cas est sévère à mes yeux ! » – Ah, ok, mais telle n’était pas la question… ^^’

Pour ma part, je ne suis pas militante, mais pour ce qui est de l’entrevue que j’ai lue et mentionnée, j’ai trouvé que certaines des critiques formulées par la suite étaient justes, bonnes / assez solides, appuyées par des études, et pertinentes, et j’ai trouvé l’ensemble assez intéressant, quoiqu’il faille séparer le bon grain de l’ivraie (y compris dans les propos tenus par Josef Schovanec), comme souvent. Quant à la colère et/ou la déception, et/ou l'incompréhension, de certaines personnes, je peux la/les comprendre en partie.

Reste que dans une telle atmosphère (suspicieuse/soupçonneuse), je trouve qu’il est encore plus difficile d’être sûr du diagnostic que l’on a reçu. Moi, j’ai encore plus de mal, du moins. Une personne autiste m’a récemment parlé de gatekeeping en la matière, aussi. Encore un terme que je ne connaissais pas… Ça se voit que je ne côtoie pas les communautés neuro-atypiques de près : il y a plein de choses dont je ne suis pas au courant. ^^

Pour ce qui est du terme AuDHD (Autism-ADHD), je l’ai également découvert il n’y a pas si longtemps. :smiley1:



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Si j'étais scénariste d'un épisode impliquant Plume et cet insolite accent décelé par son enseignante et plus tard sa psychiatre, on se retrouverait dans une Russie en pleine ébullition et cet accent serait slave. Mystère résolu!


Ahah ! Celles et ceux (car ce n’est pas la première fois que l’on me dit que j’ai un accent) qui trouvent que j’ai un accent russe me disent probablement souvent cela après avoir vu mon nom de famille, et c’est plus de l’ordre du fantasme, je pense, bien que je n’en sois pas certaine. ^^ Autrui, dont ma mamie, m’a déjà dit que j’avais un accent marseillais, aussi. Ma psychiatre actuelle (dont le nom de famille n’est pas français non plus, plutôt à consonance italienne) trouve quant à elle que j’ai plusieurs accents non français. En fait, elle lisait ce qu’elle était en train d’écrire à haute voix, et lorsqu’elle a dit « accent non français », j’ai dit quelque chose comme « hein, quoi ?! » Elle a alors ri et m’a dit qu’elle ne savait pas comment formuler son impression. Elle m’a dit qu’elle allait donc finalement écrire quelque chose comme « changements d’intonation ». Toutefois, dans le compte rendu que j’ai par la suite reçu, il est écrit : « accent marseillais, allemand, etc. » :smiley3: :smiley36: Je ne me rends pas forcément compte de mes accents, personnellement. L’on m’a par ailleurs déjà dit que je n’employais pas forcément le vocabulaire adapté à tel ou tel contexte. Parler de façon enfantine dans un contexte sérieux/professionnel, par exemple. Je ne vois pas quel est le problème quand je dis « pipi » au lieu de « urine » aux médecins, personnellement. Je trouve « pipi » plus joli (j'affectionne particulièrement les mots qui se terminent par le son « i », entre autres), d'ailleurs. ^^
Quant à l’enseignante qui m’avait dit « On dirait une autiste ! », ce n’était pas par rapport à mon prétendu accent, mais parce que j’étais en train de me balancer d'avant en arrière dans un couloir. ^^’



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« Modifié: juillet 18, 2026, 08:09:17 pm par Plume »
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dalporto

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« Réponse #60 le: juillet 19, 2026, 02:50:22 pm »
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Bon anniversaire!!

Plume

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« Réponse #61 le: juillet 19, 2026, 05:38:28 pm »
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Oooh, tu te souviens encore de la date ! ^^ Merci, cela me fait plaisir. :smiley1: *Bisou*
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« Réponse #62 le: juillet 20, 2026, 04:15:01 pm »
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Cancer, j'aime pas le nom mais c'est mon signe préféré et le même que ma soeur.

Je ne crois pas trop à l'astrologie (menteur!), mais je me méfie des Scorpions et je suis allergique aux Lions,,,

Lisa

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« Réponse #63 le: juillet 21, 2026, 11:26:28 am »
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Ce qui est drôle, c'est qu'au Québec, souvent on note que l'enfant autiste qui a un accent a un accent "français" ;)
"It's amazing how I can feel sorry for you and hate you at the same time. I'm sure there's a German word for it." - Lisa