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 L'Encyclopédie du Peuple

Auteur Sujet: Vos souvenirs des années 90  (Lu 6443 fois)

jivre

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Vos souvenirs des années 90
« Réponse #50 le: juillet 07, 2022, 03:20:23 pm »
0
Ca me rappelle la rivalité entre moi old punk et mon frère, skate punk califournien.

Moi je trouvais que son "punk" c'était juste du pop "déguisé en punk", avec preuves à l'appui, alors que lui il trouvait que le vieux punk, particulièrement Crass, c'était même pas de la musique (avec preuves à l'appui). On se rejoignait avec un peu de Rancid ou de Minor Threat.

Sinon, dans mon bout où j'ai grandi (Laval est), à partir de 1996 c'était vraiment la coalition des marginaux contre les rappeurs. Il n'y avait pas beaucoup de ponts. Les potheads qui écoutaient du Cypress Hill au début de la décennie étaient soit passés du côté new métal (Korn et compagnie) et se tenaient avec nous, soit définitivement fresh gansta Wu Tang style. Vraiment irréconciliable.

Je ne me souviens que d'une seule personne qui faisait un pont entre les deux, c'était "Ramène" (parce que son lighter s'appelait tout le temps "ramène" et finalement, c'est elle qui a fini par s'appeler comme ca. J'ai aucune idée de son vrai nom) une fille super cool, moitié queb moitié haïtienne, qui fittait dans tous les milieux.
« Modifié: juillet 07, 2022, 03:25:12 pm par jivre »

Berslak

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Vos souvenirs des années 90
« Réponse #51 le: juillet 07, 2022, 03:27:25 pm »
0
Question super nichée: les gratteux de guitare autour du feu, ils jouaient quoi dans les années 90? Est-ce qu'ils faisaient déjà du Richard Desjardins?

Plume, Paul Piché, Beau Dommage, la petite grenouille, Wish you were here....

Edit:Ah pis ptete l'ostie de Gars du bas du fleuve...  Un rare exemple de toune que j'aimais bien au début mais que j'ai beaucoup trop entendu souvent dans les bars de chansonniers.  Si j'y avais pensé, ça aurait pu être mon choix pour la compilation Pu capable. 

Jamais entendu de Richard Desjardins de ma vie autour d'un  feu.
« Modifié: juillet 07, 2022, 03:35:47 pm par Berslak »
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MadChuck

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Vos souvenirs des années 90
« Réponse #52 le: juillet 07, 2022, 03:30:52 pm »
+2
A vous lire on dirait que vous avez grandi dans un espèce de parodie de Degrassi/Watatow que je ne savais pas si ça avait exister pour de vrai.

En région éloigné, il n'avait pas assez de monde pour former autant d'équipe, de mémoire au primaire en 5 année en 94-1995 on était 6 élèves je pense. À la grande ville, au secondaire (les 5 ensembles) francophone peut-être 800 maximum et ça couvrait assez loin que pour appeler certains ami de chez nous c'était une longue distance. Ils sont à peu près 400 aujourd'hui ?

Et la rivalité avec les anglophones prenaient pas mal de place, pendant et juste après le référendum.

jivre

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Vos souvenirs des années 90
« Réponse #53 le: juillet 07, 2022, 03:39:52 pm »
0
Plume. Paul Piché. Vilain Pingouin.

Moi perso j'ai embarqué Desjardins dans mon répertoire feu de camp après 2000.

Pour ce qui est du rap. chez nous, les rappeurs et les punks se battaient, c'était une genre de guerre. On trouvait les rappeurs complètement aliénés par l'industrie et les marques (alors que bon, nous avec nos bottes 18 trous et nos perfectos on était loiiin de ca  ;D)

Merci pour la réponse.

Sans blague, j'ai acheté les deux morceaux dans les deux dernières années, le perfecto modèle classique de Barney's Originals et des Doc Martens (8 œillets seulement, estie je n'ai plus la patience pour les 18 trous), et c'est probablement les plus gros luxes vestimentaires que je me suis payée dans ma vie. C'est dément de songer que des ados portaient ça il y a 30 ans (je veux dire, comment vous aviez les moyens? :smiley36:).

Sérieux, j'm'en rappelle pas. Les prix ont probablement montés en 30 ans (plutôt 25 ans pour ma part). Mais c'était cher. L'osti de stuff à mettre dans les cheveux aussi. Et ca tachait. J'en reviens pas que mes parents aient toffé ca.  :smiley36:  :smiley20:

A vous lire on dirait que vous avez grandi dans un espèce de parodie de Degrassi/Watatow que je ne savais pas si ça avait exister pour de vrai.
 

 :smiley36: :smiley36: :smiley36:
« Modifié: juillet 07, 2022, 03:43:05 pm par jivre »

Simone

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Vos souvenirs des années 90
« Réponse #54 le: juillet 07, 2022, 03:43:24 pm »
0
Jamais entendu de Richard Desjardins de ma vie autour d'un  feu.

Bien voyons! Pontiak nous a gratouillé ET chanté ...et j'ai couché dans mon char lors du très épique Sommet de Joliette.
C'est exactement ça qu'est la littérature: d'habiles mensonges qui, secrètement, disent la vérité. - Simone de Beauvoir

Berslak

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« Réponse #55 le: juillet 07, 2022, 04:19:51 pm »
0
À Victo (que j'ai quitté pour l'université en 1994), à la fin de mon secondaire et durant mon cégep, il n'y avait pas non plus de guéguerre à ma connaissance. Bon, c'est sûr que moi, j'étais le nerd qui n'avait pas de vie sociale et qui n'était pas conscient de grand chose...

Ce dont j'étais conscient à la fin de mon secondaire en 1992 :

Beaucoup de métalleux.  Les t-shirts blancs de la tournée And justice for all de Metallica étaient partout.  Cheveux longs, t-shirts de groupe (Metallica et Megadeth surtout), coat de jeans.

Beaucoup de preppies avec des chemises Polo Ralph Lauren.

Pas mal d'alternos style The cure avec les cheveux teints en noir, habillés en noir, du cutex noir, etc.  J'ai vu un métalleux dans le temps les traiter de "réglisses".  Récemment, une ex-réglisse m'a rappelé le terme et il s'est inséré depuis beaucoup dans mon vocabulaire.  :smiley17:

Très peu de punks purs comme jivre.  Une petite gang de 7-8 ptete.  Je me rappelle surtout d'une fille que je trouvais super cute avec ses longs cheveux noirs et qui, du jour au lendemain, était devenu punk, la tête rasée, avec une chaîne avec un cadenas autour du cou.... Je trouvais ça ben de valeur.

Une autre petite gang de hippies qu'on pouvait croiser parfois dans la cage d'escalier en train de chiller et de gratter de la guitare.  Une fille en particulier avait l'air sorti tout droit de Woodstock avec ses lunettes rondes à la John Lennon et ses robes full colorées ben lousses.

Aucun souvenir de punks skateux dans la fin de mon secondaire (fini en 1992).  J'imagine que ça ne s'était pas encore rendu à Victo en 1992.  Même chose pour le grunge. Et probablement même chose pour le rap sérieux.  Mais ben possible aussi que je ne me tenais pas assez avec des bums cools pour être au courant des nouvelles tendances.

Ensuite, pendant mon cégep de 1992 à 1994, j'avais encore moins de vie sociale.  J'étais soit en classe en Sciences Pures avec les autres nerds, soit chez moi, jamais dans la cafétéria ou autres lieux publics de loisirs.  En plus, je ne sortais pas encore dans les bars car mes rares amis n'avaient pas commencé ça non plus encore. Aucun souvenir de gang particulière ni de monde avec un look métal, grunge, rap, punk...   Faque sûrement pas de rivalités là non plus.
« Modifié: juillet 07, 2022, 04:54:55 pm par Berslak »
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« Réponse #56 le: juillet 07, 2022, 04:22:28 pm »
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Jamais entendu de Richard Desjardins de ma vie autour d'un  feu.

Bien voyons! Pontiak nous a gratouillé ET chanté ...et j'ai couché dans mon char lors du très épique Sommet de Joliette.

Je m'en rappelle.  Et je ne connaissais pas la chanson car je n'avais jamais écouté de Richard Desjardins.

Ce fut donc la seule fois de ma vie.

Je pense que vous aviez chanté aussi une rare toune de Plume que je ne connaissais pas.
« Modifié: juillet 07, 2022, 04:33:33 pm par Berslak »
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« Réponse #57 le: juillet 07, 2022, 04:35:22 pm »
+1
Simone : jivre a dit qu'il "vendait" à l'époque. Il était donc ptete plus "en moyens" que toi...  :smiley2:
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« Réponse #58 le: juillet 07, 2022, 05:01:49 pm »
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Question super nichée: les gratteux de guitare autour du feu, ils jouaient quoi dans les années 90? Est-ce qu'ils faisaient déjà du Richard Desjardins?

Après le dôme dans la 2ième moitié, les I lost my baby et Leloup en général de mémoire.

Quand les gens voulait faire embarqués les gimauveux et claquer des mains, Rolling de CCR devait être facile à apprendre.

Good call pour Jean Leloup! Tu me rappelles comment on tournait ce disque non-stop quand je travaillais au camp (le même camp que celui de la mémorable - pour moi, ahah - brosse au Stinger crème de menthe :smiley36: ).


tu faisais tout ca dans les 90'? Pour moi tout ce que tu décris ca part de 2000 à 2004 mettons
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Simone

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« Réponse #59 le: juillet 07, 2022, 05:09:54 pm »
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Question super nichée: les gratteux de guitare autour du feu, ils jouaient quoi dans les années 90? Est-ce qu'ils faisaient déjà du Richard Desjardins?

Après le dôme dans la 2ième moitié, les I lost my baby et Leloup en général de mémoire.

Quand les gens voulait faire embarqués les gimauveux et claquer des mains, Rolling de CCR devait être facile à apprendre.

Good call pour Jean Leloup! Tu me rappelles comment on tournait ce disque non-stop quand je travaillais au camp (le même camp que celui de la mémorable - pour moi, ahah - brosse au Stinger crème de menthe :smiley36: ).


tu faisais tout ca dans les 90'? Pour moi tout ce que tu décris ca part de 2000 à 2004 mettons

Il faudrait que tu définisses "tout ça", ahaha.

Premier été au camp pour moi en l'an 2000.

La brosse de MadChuck au Stinger, à mon mariage en 2014.

Même endroit, deux époques différentes  :smiley36:
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« Réponse #60 le: juillet 07, 2022, 05:51:56 pm »
0
ah ok aha!
Mais bref, l'internet est rentré chez nous vers 1999-2000 (avant on allait à la biblio réserver des cases horaires), les shows, la musique, les partys, c'était au secondaire (à partir de 2000), etc.

Tout ce que vous avez comme souvenirs de polyvalente c'était pour moi les années 2000, je me rappelais pas qu'on avait tant d'années de différence que toi c'était les années 90 !
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« Réponse #61 le: juillet 07, 2022, 08:41:18 pm »
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Non, je ne pense pas qu'on ait tant d'années de différence, je suis un modèle 1984 - les meilleurs btw. Sauf pour Internet comme je l'ai expliqué plus haut, la plupart des mes souvenirs des années 90 remontent à 1998 (cliques, musique, party, etc.) et mon premier show en 2000. C'est pour ça d'ailleurs que j'avais besoin d'éclaircir mes souvenirs sur les années 90, parce qu'une décennie d'un an et demi, c'est pas long.
« Modifié: juillet 08, 2022, 07:52:31 am par Simone »
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dalporto

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« Réponse #62 le: juillet 07, 2022, 09:55:29 pm »
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Edit:Ah pis ptete l'ostie de Gars du bas du fleuve...  Un rare exemple de toune que j'aimais bien au début mais que j'ai beaucoup trop entendu souvent dans les bars de chansonniers.  Si j'y avais pensé, ça aurait pu être mon choix pour la compilation Pu capable.

Je l'ai jouée en fin de semaine en camping.

Ça devait faire 10 ans que je l'avais pas jouée au complet.

dalporto

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« Réponse #63 le: juillet 07, 2022, 10:04:07 pm »
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Question super nichée: les gratteux de guitare autour du feu, ils jouaient quoi dans les années 90? Est-ce qu'ils faisaient déjà du Richard Desjardins?



Oui, j'ai ramassé Desjardins au Club Soda dans l'appartement d'un gars qui me devait de l'argent pour du pot circa 1995 aux résidences du Cégep de Lauzon, c'est le seul que je n'ai pas pawné de sa musique de marde.  Faque j'ai appris pas mal toutes les tounes de l'album qu'il jouait dessus à la guitare, avant d'aller me chercher Tu m'aimes-tu, qui était probablement déjà sorti à ce moment.

Mes deux to-go c'était Latraverse pis Desjardins.  Sinon Dassin, Brel, Piché, Renaud et autres, mais je jouais des affaires comme du Screeching Weasels acoustique à travers. Ça dépendait avec qui j'étais.

Faudrait que j'ouvre mon cartable de tounes que j'ai majoritairement monté en 1994-1995. 

jivre

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« Réponse #64 le: juillet 11, 2022, 09:30:25 am »
0
Moi aussi c'est Desjardins au club soda qui me l'a fait aimé, mais c'était en 2000. Dans mon premier appart, à côté du métro Crémazie. On louait le bloc au complet (2 étages, 4 chambres, un sous-sol, un toit accessible) pour 950$/mois et avec un sous-sol transformé en plantation intérieure. Ca revenait pas cher. Un grand gaillard barbu (à l'époque où la barbe état plus rare) était venu pour du pot et il avait mis cet album dans notre salon. Desjardins avait déjà sorti son documentaire "l'Erreur Boréale", qui m'avait beaucoup marqué, mais je n'aimais pas vraiment ses chansons solo et son style que j'avais brièvement entendu chez mes parents à l'époque de Tu m'aimes tu. J'étais resté avec l'image d'un artiste tourmenté à la poésie surréaliste vouté sur son piano. Quand j'ai entendu Le chant du bum, Boomtown Café, et surtout Le prix de l'or et Phénoménale Philomène, qui m'ont vraiment pris par surprise, j'ai vraiment catché l'artiste qu'il était et je me suis mis à en chercher. L'été même, ma première blonde officielle (une "blonde d'été" qui m'a laissé après un mois et demie pour batifoler avec un autre de nos amis) venait d'Abitibi, donc, elle avait tous les albums et m'a fait connaître le répertoire de Desjardins pas mal. Et j'en ai intégré à mon répertoire de guit.
« Modifié: juillet 11, 2022, 09:32:51 am par jivre »

Simone

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« Réponse #65 le: août 22, 2022, 11:25:24 am »
0
(J'attends la suite avec impatience)

J'attends toujours.

Où est la fonction pour tagger des gens sur ce forum? Elle me serait utile LÀ.
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Berslak

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« Réponse #66 le: août 22, 2022, 06:04:33 pm »
+2
Charlemagne, reviens.  Au pied.

Mettez tous des +1 à ce message pour qu'il le voit dans les messages de la semaine.
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Simone

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« Réponse #67 le: août 22, 2022, 07:47:48 pm »
0
Preuve que je ne suis pas la crinquée que dalporto pense que je suis: Berslak donne un ordre et j'obéis, sans discussion.

 :smiley36:
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Charlemagne

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« Réponse #68 le: août 26, 2022, 11:08:17 pm »
+6
Été 1997

La fin d’année a été longue, il a fait chaud longtemps. L’école aurait due se terminer un mois plus tôt. Moi et mon ami avons une passion pour les mountains bike mais peu de moyen. On va dans les tabagies pour chercher des magazines et quand je suis chanceux, je tombe sur un site internet avec des gif de flammes qui donne des infos. Comme on avait pas vraiment les moyens de nos passions, on a passé le mois de mai à picossé sur les vélos des enfants plus riche pour se monter notre propre bicycle.

J’ai terminé mon dernier examen facilement, un peu trop facilement et je voulais pas être le premier à me lever, j’ai attendu que la tronche de la classe se lève et je l’ai suivi. Ma mèreva me dire si je passe quand on va recevoir les résultats par la poste. Il reste déjà pas grand-chose dans mon casier a part mon banc de vélo et mon walk-man, je pèse sur play pis rien; le tape est sorti de la cassette. Je sors la cassette, prend un crayon, puis roule lentement, aussi adroitement qu’un chirurgien, remet la cassette et je pars pour chez nous en écoutant Surf Wax america. En passant par le parc, je croise des amis qui fête la fin d’année, je fume avec eux, on reste dans le parc 2-3 heures jusqu’à un char de police arrive et nous dit qu’il a eu des plaintes de flânages. C’est ça la vie, vas dehors, mais pas trop.

L’été part raide, une fille de ma classe fait un open-house au premier vendredi. On se pointe là et il y a du monde partout, plein de monde que l’on connait pas. Des cousins, des amis qui viennent de d’autre école, la pauvre fille a perdu le contrôle. Quelqu’un trouve des bouteilles de fort, on réussis à prendre le Gin et on va le cacher dans le bois d’à côté. Après le monde qui cherche le party arrive le monde qui cherche le trouble. 4-5 gars qui arrive dans un vieux 323. On a pas l’age de conduire, mais eux l’ont. 17 ans dans un party de 15 ans à chercher le trouble. Y a un jeune qui rit plus fort que les autres, c’est une bonne raison, ça se provoque et ça finit avec un gars qui perds ses 2 palettes d’en avant, à moitié sonné dans le gazon dans la cours arrière, avec une fille qui lui tient la tête en lui parlant. C’est pas déjà fini qu’il y en a un autre qui sort à la course pour aller vomir, ça lève le cœur à une fille qui en reçoit sur son linge et elle se met à vomir elle-avec.  La police finit par arriver, on se sauve par le bois. La pauvre fille qui cherchait la publicité va finir avec par être la risée.

On se retrouve à côté d’un centre culturel. Mais avant, on appelle nos parents pour leur dire qu’on couche chez un ami tandis que notre ami appelle ses parents pour leur dire qu’il couche chez nous. J’ai jamais vraiment bu de fort mais on m’a dit que de boire à la paille fessait plus. Je mets le gin dans une gourde, on le dilue avec la bouteille d’amaretto qu’on a trouvé et on commence à boire. On décide de changer de parc, on continue à boire en pédalant. On se retrouve à côté dans le parc de l’école primaire ou j’allais en première année. Ils ont fait un train avec des tuyaux de ciments. Je me rappelle comment j’aimais m’y cacher quand j’étais jeune et je retrouve donc mes premières amours : ça commence à tourner, les branches vibrent, je vais me coucher dans le tuyaux le temps que ça passe. Faut croire que beaucoup de monde vont passer dans le parc parce que je vais en croiser longtemps du monde qui vont dire m’avoir parler ce soir là alors que j’en aurai aucun souvenir.

Le lendemain matin, tout va bien. J’ai le bras engourdis et un méchant bleu sur une jambe. L’été vient de commencer.

J’ai deux jobs, je coupe le gazon pour le bâtiment de la SQ et je travaille pour une cours à scrap automobile. À la SQ, un policier rit de mon chandail « UPS »pour United Pot Smoker. À la cour à scrap, je déplace des chars, je fais le ménage, tandis que la radio dans le garage gueule du Metallica. Corey travaille là depuis 6 mois. Il lui manque une couple de dents et une coupe de cellule. Il articule mal et parle comme si il était en fin de souffle constamment. Il me raconte ses trips d’acide, il se plaint que justement, l’acide est pu ce qu’elle était. Il est sexiste, homophobe et raciste. Il me dit qu’il fait du nijintsu et qu’il pourrait me tuer avec n’importe quels objets qui se trouve dans le garage. Desfois, il me parle et il fait des moves de ninja. C’est clairement un tueur. Devant mon étonnement, il me raconte qu’il a peur de personne, qu’il a jamais reculé. Le boss rentre, lui crie d’arrêter de parler et Denis s’excuse. Quand le boss repart, il me regarde et me dit : j’ai pas eu peur, c’est du respect.
Avec mon argent, je m’achète du nouveau linge. C’est important d’avoir une marque : polo, Ralph Lauren, Tommy, West-coast, Nautica, j’en oublie surement. Tu rentre dans un magasin, t’es assailli par un trop plein de parfum, une vendeuse qui est prêt à tout pour faire sa commission et surtout, du dance qui joue fort. J’ai beau être jeune, c’est toujours trop fort.

Il n’y a pas de rivalité entre les styles, c’est beaucoup plus complexe. J’ai grandi dans un quartier qui n’était en fait qu’une rue et cette rue à été séparé par un boulevard de sorte qu’on était un groupe de 12 maisons environs, dont 4 maisons avaient des enfants de notre groupe d’âge. C’est assez simple comme hiérarchie : on se chicane entre nous mais quand quelqu’un de l’autre boulevard nous écoeure, on se tient ensemble. Au primaire, quand ceux du quartier écoeure quelqu’un de notre rue, on n’oublie la barrière du boulevard et on se tient. Au secondaire, ma rue se retrouve jumelé au quartier de mon école primaire : on se tient entre nous. Pis si tu viens de l’autre bord de la track, de l’autre école, pis que tu viens chez nous, le gars avec qui je me suis battu la veille va devenir mon allié. Je sais pas trop pourquoi c’est comme ça. Par contre, tranquillement, une nouvelle barrière s’ajoute. Tu peux voir un punk avec un prep, tant que c’est du linge de marque, il n’y aura pas de guerre. 1997 est l’année ou ça change.

La grande ville est arrivée par une personne en particulier : Marc-Daniel. Un peu voyou,on sait jamais ou la vérité commence et ou elle s’arrête, il arrive de Montréal-Nord avec sa famille. Son grand frère à sa gang, les 45 crews. Marc-Daniel est tout droit sorti d’un clip de Wu-tang, qu’on a pas encore découvert. Du linge qui vaut chère mais des marques qu’on connait pas : il magasine à Montréal, sur Ste-Catherine. Il nous fait peur, c’est un intouchable. Il ne se mêle pas vraiment à nous. Ce sera un catalyseur pour tout les immigrants ou fils d’immigrants de l’école. Ceux-ci qui ne se trouvait pas vraiment dans le punk trouvent leurs voies dans le hip-hop. Durant l’été 1997, c’est encore une bulle, mais en 1998, ce sera une révolution.
On commence à entendre des histoires de gars qui vendaient mais qui se sont fait menacé pour finalement manger une solide volé. On est habitué au bataille 1 contre 1, mais pas à une bataille de 10 contre un. On se battait pour l’honneur (ce qui est stupide) pas pour le contrôle d’un secteur. On raconte qu’il y en a un qui s’est littéralement fait casser les deux jambes. Plein de légende d’été qu’on se raconte quand on se croise. Les poteux/skateux/grungeux qui se pensaent invincible ont trouvé leur limite et elle n’était pas loin. Alors qu’on a passé 2 ans à se faire intimider par eux, on découvre en même temps qu’eux qu’ils ne sont pas grand-chose. C’est un peu l’éclatement des clans existants qui se produit en même temps qu’éclate une rotule de Jean-Emmanuel qui passera la plus grande partie du secondaire à être baveux et à manger les plus terribles volés que j’ai vu.

Le soir, on va au méga-projet. On s’est fait des trails avec des jumps mais il y en a qu’on n’ose pas faire. Maxime dit que ça lui fait pas peur. C’est soit l’adrénaline, soit le buvard, mais il a les deux yeux dilatés ben raide. Et ce sera épique. Il monte en haut de la colline. Nous lache un cri « checkez ça ! » puis il s’élance. Il se contente pas de se laisser descendre, non, il pédale pour aller plus vite encore.  Il manque des vitesses à son 18 vitesses. Il prend le jump et il s’élève, tout d’abord bien droit, puis il penche vers la gauche. On croit qu’il veut faire un move, puis ramener le bicyle, mais non, il ramasse le sol sur le côté, sa roue avant frappe une racine, fait lever le vélo, projette maxime dans les airs pour l’envoyer drette sur un arbre, créant à l’impact le son le plus fort que j’ai entendu de ma vie fait avec une tête. On part à la course, il se releve, il a déjà une immense bosse sur la tête, il part à rire. Il sent rien. Une heure plus tard, il décide qu’il va dormir dans le boisée. On fait un feu, Éric va chercher sa guitare et joue ce qu’on connait : Nirvana Unplugged. Il réussit à faire des versions acoustique de Black hole Sun, Glycerine, etc, il y a deux-trois fille qui chante.

On passe nos journée à journée à travailler. Quand on travaille pas, on va dans les carrières pour se faire des trails, on passe nos soirées dans les parcs. On en choisit un, on reste jusqu’à ce que la police nous sorte. On part à un autre parc, on croise du monde, on vérifie quels sont les parcs ou on peut encore aller. Le pot commence à être dur à trouver, il n’y a plus personne qui veut vendre.

Pour faire plus d’argent, on décide de faire le vol du siècle. À notre école, toutes les cannettes du recyclage sont mises dans le jardin centrale de l’école, qui est un petit espace au centre de l’école seulement accessible par une porte toujours barrés. Il y a au moins 50 sacs plein de cannes. Un soir, on part en vélo, avec un rouleau de corde et un crochet qu’on à acheté à la quincaillerie. On monte sur le toit en passant par la marquise de la porte arrière. On trouve notre chemin dans le dédale d’échelle. On sort la corde et le crochet et on commence à pécher. Un à un, on remonte les sacs. On vent pas se faire prendre, on décide de prendre une dizaine de sac sur les 50. On ramène tout ça en bas, on cache ça dans le bois à côté de l’école. On part vendre les canettes mais c’est beaucoup trop long dans les machines et on à peur de se faire reconnaître. On essaie de les vendre au dépanneur qui n’en veut pas vraiment. Puis, deux jours plus tard, tandis qu’on essayait de faire du trial sur les bancs d’école, un vieux monsieur vient nous voir. C’est Antonio, un sans abris que l’on voit marcher constamment sur le boulevard, entre St-Hubebrt et Chambly. Il a regards un peu fou et il fait les poubelles pour trouver des cannes. Il me regarde, je le regarde. Il me demande si j’ai de l’argent. Il fait pitié et il pue, et je veux qu’il parte. Je lui donne une piaste. Erreur, il décolle plus. Mon ami lui donne une piastre en espérant que ce soit assez. Encore une erreur. Il commence à nous poser plein de question. Il me demande si je suis fort, je sais pas trop quoi lui répondre. Il me demande si je peux le lever. Je suis encore plus embêter. Alors il me dit : essaye de me lever. J’hésite, pis je me dit que j’ai rien à perdre. Il s’approche et je le prens en sac de patate. Il est sec, pas de gras, il pèse rien. Mon grand-père dirait qu’il est Nerfé. Pis il me demande de le faire tourner. Quoi ? Il répète sa demande. Et je fais la toupie, il parle à rire. Me v’la dans un stationnement à faire tourner un sans-abris comme une toupie. Finalement, je le repose  à terre et dans le but de m’en débarrasser, on décide de l’amener à notre cachette de sac de canne dans le bois. C’est l’Eldorado, il dit qu’il y en a trop, qu’il peut pas tout les amener en même temps. On l’aide à cacher les sacs pis on lui dit qu’on doit partir. Je sais pas comment il s’y est pris mais il n’y avait plus de canne deux jours plus tard.

Antonio, que tout le monde appele Tonio, est une sorte de Huckleberry des temps moderne. Personne ne sait vraiment d’où il vient, depuis combien de temps il habite dans la région. Tout ce qu’on sait, c’est qu’il se promène sur la 112, de chambly à St-Hubert, en faisant du pouce. Il ne semble ni futé ni malheureux. J’aime m’imaginer qu’à force de se promener ainsi à toutes heures, il a pu avoir accès au secret de la rivière l’Acadie sur laquelle roule la brume aux aurores. C’est bien plus tard que j’ai compris pourquoi Tonio me mystifiait : dans un monde qui devenait moderne, qui voyaient ses mystères disparaitre l’un après l’autre, Tonio était le folklore, le même quêteux que l’on trouvait dans les romans du terroir, celui que tout le village de mes grands-parents connaissaient et accueillaient lors des jours les plus froid. Tonio était le dernier rayon de légende dans un ciel qui devenait nuageux.

Mon père décide que les vacances seront aux États-Unis cette année, à Hampton Beach. C’est la chance de ma vie. Après 6 heures de route qui aurait dû en prendre 5 si ce n’était pas de la Caravan qui peine à passer les côtes du Vermont tant elle est chargée, on n’arrive enfin. Je connais personne et personne ne me connais. J’écoute Heavy petting zoo de NOFX, je marche 15 pieds devant ou derrière mes parents tandis que l’on marche sur la main. Ça sent la friture et le linge cheap, le bruit des arcades tente de percer le bruit des motos. Ici, c’est tellement un cliché, les jeeps écoutent du Dance et il y a des métalleux dans des trans-am des années 80. J’entends une fille parler français et je prends un accent cassé et je lui dit : « je parle un peu la francaise » mais j’ai à peine fini que mon petit-frêre arrive et me dit de me dépêcher parce qu’il y a un gars qui se bat contre Goro aux arcades. Un peu humilié, je vais rejoindre la foule autours de l’arcade. Le soir au camping, alors que je joue de la guitare, un groupe de jeune americain m’invite à leur feu mais mon anglais est tellement mauvais que je repars sans leur dire aurevoir.
Dans les magasins, on se bat pour me vendre des chandails de LooneyTune.
De retour à la maison, l’été s’achève, les soirées sont fraîche. Je raconte les USA à mes amis et on tente de retrouver cette ambiance dans le centre-ville de St-Hubert, à la belle province sur le chemin chambly. Les doubleux commencent à avoir des autos, pas mal de minoune. Les plus vieux viennent flasher avec leur mustang. Avant, il y avait de la drag sur l’autouroute 10 qui n’était pas encore compléter mais c’est fini.
 
L’été s’achève, les soirées sont fraiche. Avec des amis, on est allés dans un coin un peu plus cassé et on a rencontré Gagnon un de nos amis et on s’est installé dans le parc en face de chez lui pour rien faire pis fumer un peu. Le soleil était couché quand le 45 crew est arrivé pour nous voler nos bicycle. On s’est obstiner un peu, Gagnon à lever le ton et ça a dégéner un peu plus. Puis le père à Gagnon est arrivé. Un cliché sur patte, en camisole, la pornstache, les bras bourré de tattoo bleuis par le temps, indéchiffrable, des hiéroglyphes des temps plus dur passé en dedans, en camisole, une coupe longueuil assumé. En temps normal, j’aurais ris mais pas là, c’était un ange qui arrivait, il s’est plantée entre nous et eux et il est resté silencieux. Les autres riaient de lui, le traitent de redneck et lui disait rien, se contentant de fumer et de les regarder un a un. Quand le plus grand du 45 crew s’est planté devant lui, avec un bon pied plus grand, le père à pas bouger d’un poil. Pis quand le grand à oser mettre la main sur le père, celui à tellement rapide que j’ai pas vraiment compris ce qui s’est passé mais le grand s’est retrouvé sur le cul, le nez en sang et le père à juste dit : c’est qui l’suivant ?
Y a pas eux de suivant. La police est arrivé et été un peu embêté dans ses préjugés, une gang de noir ou un ex-prisionnier ?

Ce petit blanc un peu frippé avait fait son effet sur nous et allait créer des remous sur les jeunes influcencables que l’on était.

Pis l’école à recommencé. 



Lisa

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« Réponse #69 le: août 27, 2022, 08:00:39 am »
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 :smiley32:
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dalporto

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« Réponse #70 le: août 27, 2022, 09:03:52 am »
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C'est quoi un doubleux?

Lisa

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« Réponse #71 le: août 27, 2022, 09:40:37 am »
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Un doubleur.
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« Réponse #72 le: août 27, 2022, 08:27:14 pm »
+1
Quelqu'un qui a doublé une année?

Chez nous on appelait juste ça un épais, ça se réutilisait même après la fin de l'école.

Je me rappelle des deux premières filles dans ma classe au primaire (les seul(e)s de tout mon primaire d'ailleurs) qui ont doublé leur 1ère ou leur 2ème année en même temps.

Aujourd'hui elles sont connes équivalent à ce qu'elles étaient dans le temps.

Fallait que tu sois bon en crisse pour doubler une année par chez nous.

Bruitiste

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« Réponse #73 le: août 28, 2022, 12:36:29 pm »
0
J'ai aussi ramassé une centaine de 30 sous par terre avant de me rendre compte que j'avais un trou dans ma poche.

 :smiley36:

T'as un 14 de marocain blond, une pipe, un lighter, pis une première ou deuxième partie que tu t'en crisse (Suicidal Tendencies me semble).

Ça donne ça.  Mes chums ont rit de moé tout le long sans que je ne m'en aperçoive.
C'était Suicidal Tendencies et Danzig les premières parties, et en effet tout le monde s'en crissait.  J'étais là, j'avais skippé le voyage de fin d'année de mon secondaire 4 me semble (la Ronde ou de quoi...) pour y assister avec des chums.  Aucun regret.
Les genres sont désuets.

El Kabong

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« Réponse #74 le: août 28, 2022, 04:03:35 pm »
0
Mon grand frère a doublé sa neuvième.
Aujourd'hui, il a un MBA, il est motonnaire, il pratique l'intimidation (sans trop de succès) sa femme s'est crissé en bas du Pont JC, il a zéro ami.
Il me dois une dizaine de milliers de piastres depuis 20 ans.

Un crotté.

Ça m'a pris du temps pour finalement réalisé que son influence, systématiquement calculé, ne valait rien.
L'évolution, c'est lent... 
Z

dalporto

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« Réponse #75 le: août 28, 2022, 08:22:54 pm »
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C'était Suicidal Tendencies et Danzig les premières parties, et en effet tout le monde s'en crissait.  J'étais là, j'avais skippé le voyage de fin d'année de mon secondaire 4 me semble (la Ronde ou de quoi...) pour y assister avec des chums.  Aucun regret.

Je me rappelais de Danzig, c'était Suicidal que j'étais pu certain.

Mais ça vient de me flasher dans la tête: une table où ils vendaient des t-shirt de Suicidal, en avant d'une banderole d'info-suicide ou un truc du genre.  Ça s'invente pas.

On a le même âge, on s'est sauvé de la poly après la deuxième période en secondaire IV.

J'haïs les line-ups depuis cette journée là.

dalporto

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« Réponse #76 le: août 28, 2022, 08:23:36 pm »
0
Mon grand frère a doublé sa neuvième.
Aujourd'hui, il a un MBA

Ça devait être plus facile de doubler une années dans ce temps-là.

jivre

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« Réponse #77 le: septembre 17, 2022, 06:53:40 am »
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Charlemagne

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« Réponse #78 le: novembre 29, 2022, 08:06:48 pm »
+3
Je me rappelle des t-shirt de Wu-Tang, de KC LMNOP qui venait faire des shows dans des petit centre d’achat. Avec mes amis, on s’est amusé à rire de la naissance du rap mais avec le temps, de moins en moins de monde riaient et ceux ci riaient jaune. Il n’y a pas eu de guerre entre les styles mais la culture hip-hop a eu un énorme impact sur tout ceux qui était issue de communauté ethnique. Surtout la deuxième génération qui se cherchait. Ils avaient enfin trouvé un modèle et ils s’étaient regroupé autour de ce modèle. Puis certains ont decidé qu’ils en avaient assez de se faire piler sur les pieds et qu’ils allaient répliquer.

Nous etions raciste, mais pas ce raciste rempli de haine et de mépris, mais de ce racisme ou nous nous trouvions drôle Andy «  pour un noir » même si on savait pas pourquoi on disait ça. Nous sommes devenu conscient des races, des accents, des religions, alors que étions aveugle face à tout ça un an auparavant.

Nous avons fait des gangs, nous nous sommes créés des conflits. On cherchait à dominer mais tout ça ne faisait aucun sens dans un contexte de banlieu. Pourtant, un regard pouvait partir une bataille, alors imaginez une culture différente. C’était tellement n’importe quoi.

Des blancs se sont regroupés. On était assez intelligent pour lire tout ce qu’on trouvait sur la domination blanche sur internet mais on était loin d’être assez intelligent pour savoir quoi faire avec ces informations. On a tripoé sur Genration X a cause de la scène du trottoir. Il t’avait des batailles après l’école, des grands frères venaient défendre des petits freres. En même temps, il y avait une guerre pour le contrôle de la drogue qui alimentait un peu le racisme.

Puis on eu un prof qui nous a gagé un dollar que le PQ allait perdre, ce qui nous a intéressé à la politique. Mon ami est mort de la fibrose kystique en plein milieu d’année, il avait passé les derniers mois de sa vie sur les banc d’école avec sa bonbonne d’air. Mes parents se sont divorcés. Un autre, tout le temps à rire, à invité des amis chez eux, est allé dans sa chambre pour se changer, à accrocher une ceinture à la ligne de porte est s’est pendu avec. Ils dû tenir ses jambes parce qu’il pouvait encore toucher au sol. Un autre moment de silence. Un autre s’est assis sur un banc, à fermé les yeux parce que ça tournait, s’est jamais reveillé. Bye Seb, Bye Eric, Bye Dom. Les potteux grunge qui étaient nos modèle faisait pitié: sois-ils étaient sérieux et se décidait une carrière, soit ils était perdant et décidé de faire une psychose: aucune victoire possible. Sans pression est arrivé, le hop hop à varié, on es tous tombé un peu amoureux de la culture. Une sorte d’anarchie ou on étais tous pareil, à lire The Source et trouver le prochain artiste.

Tout ceci, toutes ces histoires de races, tout ceci ne faisait plus aucun sens. Je suis allé finir mon secondaire aux adultes, loin de tout ça.

Je me rappelle un an plus tard, au Fuzzy, j’ai fait de la poudre dans les toilettes avec un autres gars et quand on est sorti, en même temps, les anciens « rois » de l’école étaient là. Ils m’ont regardé moi et mon ami et on commencer à rire de voir deux gars dans les toilettes et j’ai réalisé que la banlieu est si triste le soir. J’ai reniflé un bon coup, le goût caractéristique m’est descendue dans la gorge et rapidement, la sur-confiance a monté jusqu’à ma confiance. Alors que je pensais que j’aurais voulu me battre ou quelque chose du genre, j’ai eu de la pitié et je suis parti à rire plus fort qu’eux. Les années 90, la banlieu, le secondaire, tout se regroupait dans une gang de 10 personnes qui faisait une grosse sortie en venant à Brossard, dans l’espoir de flasher un peu.

Tout ceci n’a jamais vraiment eu de sens.

MamyBallard

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« Réponse #79 le: décembre 06, 2022, 03:40:24 am »
0
C'est quoi le disque que t'as tellement tourné dans ton discman qu'il n'est juste plus écoutable?
Une moitié de Toxicity et une moitié de l'Ecole du Micro d'argent. J'aime les grands écarts…

C'est quoi le show qui t'as fait perdre la voix tellement tu t'es donné pendant la performance?
Une interprétation endiablée de la Merguez Party des Musclés, depuis canceled.

C'est quoi le film que tu réécoutais en boucle dans le sous-sol chez tes parents?
Trainspotting, le monologue du début avec l'accent imbitable.

Les gens avec qui tu te tenais, ou ceux que tu trouvais cool, c'est quoi qu'ils écoutaient comme musique?
Du rock de chevelus qui prenaient de la drogue

Et les gens que tu méprisais, ou que tu trouvais ennuyeux, eux, c'est quoi qu'ils écoutaient comme musique?
Des groupes avec des 88 dedans.

C'est quoi l'expérience qui décrit le plus les années 90 pour toi?
Perde tes poggs préférés lors d'une partie gagnée d'avance...

MadChuck

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« Réponse #80 le: décembre 06, 2022, 01:22:15 pm »
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Perde tes poggs préférés lors d'une partie gagnée d'avance...

Je me souviens d'une fenêtre ou tous le monde dans le village en avait (via les boîtes de céréales pendant que l'industries les poussaient beaucoup), mais les annonces sur le produit étaient aucunement claire et personne ne comprennait le jeux (personne avait de "slammer" fait que ça ne marchait pas), le manuel d'instruction étant pas super claire:

https://youtu.be/Lr_kkdmLf7I

Quand j'ai rendu visite à mon cousin qui vivait dans une grande ville de la côte nord, je me suis fait expliquer, la déception fut très grande.

Lisa

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« Réponse #81 le: décembre 06, 2022, 02:20:29 pm »
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Je me rappelle aussi des POG qui venaient des céréales !
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plsavaria

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« Réponse #82 le: décembre 06, 2022, 05:32:10 pm »
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Je me rappelle aussi des POG qui venaient des céréales !

J'ai amassé assez de coupons de boîtes de Golden Graham pour avoir le set Donkey Kong Country (2?) par la poste. Le temps que reçu, genre 4 mois plus tard, l'intérêt avait pas mal diminué.

MadChuck

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« Réponse #83 le: décembre 06, 2022, 05:54:07 pm »
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Golden Graham

Hum la sorte tellement intensément sucrée que le sac avait l'air spécialement plus résistant qu'à l'habitude pour pas qui passe au travers.

plsavaria

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« Réponse #84 le: décembre 06, 2022, 06:15:40 pm »
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Golden Graham

Hum la sorte tellement intensément sucrée que le sac avait l'air spécialement plus résistant qu'à l'habitude pour pas qui passe au travers.
Drette celle là. Et bruyant à ouvrir.

J'ai jamais aimé les céréales sucrées. Mes céréales de choix étaient les shredded wheat.

Mais j'aimais vraiment 1)Donkey Kong et 2)les pogs.
Maudit que la publicité envers les jeunes est efficace.

Charlemagne

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« Réponse #86 le: avril 28, 2023, 12:35:26 pm »
+5
On savait tous qu'il allait mourir, depuis la maternelle.. Notre ami était comme nous même si il avait la fibrose kystique, à l'exception près qu'avant son diner, il avalait une tonne de pilule multicolore. On nous avait expliqué sa maladie mais pour nous, il était malade de la même facon que j'ai les cheveux bruns. C'était plus difficile pour les professeurs que pour nous, on était trop jeune pour comprendre.

En 93-94, il était dans ma classe en secondaire 1. Il s'est absenté durant un bon mois, on se relayait pour lui préparer ses devoirs et on donnait tout ça à sa grande sœur. Durant son absence, le prof nous a expliqué qu'un virus s'était logé dans son mucus pulmonaire et que les antibiotiques n'arrivaient pas à en venir à bout. La voix tremblante, elle nous a dit : « si tout va bien, il devrait se rendre à ses 17 ans. »

À part ceux qui avait déjà perdu un proche par la maladie, qu’est-ce qu’on en sait de la mort a 12-13 ans ? Qu’est qu’on en comprend ? On nous avait garoché une tank à gaz en feu dans les mains en nous disant de vivre avec. Et le professeur nous a demandé de garder le secret.

Notre ami est revenu, on a fait comme les innocents mais c’était lourd. Tout le monde essayait d’éviter les sujets qui parlait d’avenir. Il voyait que ça nous rendait mal à l’aise. Imagine, si j’étais incapable de dealer avec sa mort, quelle force que ça lui prenait pour le faire avec la sienne ? Pire encore, pour naviguer au travers de gens qui évitait le sujet.
Dans le cour d’art plastique, ma faible intelligence émotionnelle m’a fait faire un pari. On nous a offert un projet libre et quand j’ai vu que j’avais accès à une plastifieuse, j’ai décidé de faire des fausses cartes dont une pour lui parce que, comme j’ai dit dans ma, si la vie avait choisis d’être une chienne au point d’empêcher mon ami de virer une brosse, c’était de mon devoir de m’en occuper.

Tabarnak.

La tempête, j’ai divisé ma classe en deux et c’était loin d’être 50-50. Et mon ami, car il est devenu mon ami ce jour-là, a pris ma défense en disant que j’étais le seul qui avait osé approcher la situation, qui avait eu le courage de le faire et qu’il me remerciait.

13 ans et la lucidité d’aller dire ça devant la classe.  Je lui ai avoué plus tard que c’était pas aussi élaboré et il m’a dit qu’il le savait. 13 ans.

Nos chemins se sont séparés, même si on se voyait à l’école. Tout ça est tombé dans un brouillard.

En 98, il est arrivé à la rentrée scolaire avec sa bonbonne. Sa fête était en octobre, il venait d’avoir 17 ans et le souvenir de 93 m’est revenu. On savait depuis longtemps qu’il allait mourir mais on ne savait pas vraiment. Là, c’était dans notre face. Tout les jours, on le voyait monter les marches péniblement, pendant qu’un autre tenait sa bouteille, il arrivait à chaque palier à bout de souffle.
On parlait de lui, beaucoup de personne « populaire » ont décidé de lui parler, un peu comme le ferait un politicien. Je trouvais ça hypocrite mais en même temps, il semblait heureux et comme mes parents venaient de divorcer et que je devais choisir entre ma mère et mon père, mes pensées étaient ailleurs.

Il s’est fait une blonde, ça a fait de la chicane.

Je me suis trouvé un travail d’emballeur dans une épicerie à côté de l’école. Tout les soirs en finissant, je passais devant l’école en écoutant sur de la musique sur mon Discman Jaune schockwave sur lequel j’avais brûlé ma paie. J’avais de l’argent, j’avais du rattrapage à faire sur la musique. Pendant un moment, j’ai beaucoup écouté l’album de Foo Figther, avec Everlong et My hero et j’écoutais souvent February Star, je me rappelle de marcher en hiver, avec mon manteau point-zero pas assez chaud et de marcher à -20 et de justement les regarder les étoiles de Février. Le timing était bon, le refrain final commencait quand j’arrivais devant l’école et ça me faisait penser à mon ami.

Mon ami est mort en Mai, avant d’avoir obtenu son diplôme de secondaire 5. On trouvait ça étrange qu’il s’attache à ça, on se disait qu’il aurait dû profiter de la vie. Je l’ai déjà dit, il était déjà plus mature à 13 ans que je ne le serai jamais, j’ai compris tard que c’est ce qu’il faisait en allant à l’école, il essayait juste de vivre une vie normale.
 
Il faisait beau quand il est mort. Une criss de belle journée, les gens ont fait des jumps dans le parc à BMX, comme si de rien n’était. Je les regardais s’amuser, continuer leurs vie, comme si de rien n’était. Ceux qui ont vécu un deuil comprenne, on dirait que le ciel est trop bleu dans ces moments là. C’est là que j’ai réalisé qu’on n’est pas grand-chose. En 1999, beaucoup de choses sont mortes avec la décennie. Bad Religion jouait. Ou Pennywise.  Ou peut-être NOFX. Ou Blink. Ou n’importe quelle groupe de punk que des banlieusard en petite rébellion écoute en fumant un joint derrière la toilette du parc, ou dans les tuyaux avec lesquels ils ont bâti le train pour les jeunes.

Ils ont fait un hommage pour ses funérailles et je me rappelle encore son père. Lui qui était énergétique et grand quand j’avais 13 ans, il était devenu petit, écrasé. Il avait perdu sa présence. Ils ont fait jouer Stand By me à l’intercom, les gens pleuraient. Ma mère a beaucoup été touchée et je comprenais pas trop pourquoi. Ça a fait du sens quand je suis devenu père.
Quand le batteur des Foo Figther est mort, ils ont fait un spectacle hommage et son fils est venu jouer My Hero au drum. Je suis sûr qu’a ce moment, tout les pères de familles qui regardaient le spectacle sont devenu le père spirituel du jeune. En tout cas, moi je l’ai été. Par la suite, j’ai repensé à son père et à la réaction de ma mère. JE sais pas trop ou je m’en vais.

Comme beaucoup de personne morte, j’ai gardé une place pour eux avec moi proche de mon cœur. Dans mes bons moments, j’ai une pensé pour lui. Quand j’ai fini mon dec, puis mon bac. Quand je suis devenu père. Quand ça va mal, j’ai la même pensée. Je ne peux pas arrêter, mon ami n’a pas eu la chance de continuer, je lui dois ça. Il y a des jours sombres où. Ça m’a longtemps donné un sens, maintenant, j’ai d’autre chose.

J’ai googlé son nom et j’ai pas trouver grand-chose. Il est mort avant les médias sociaux. Il n’a même pas laissé de trace sur google. Il s’est éteint avec la décennie, ça m’a frappé et j’ai décidé de le raviver un peu.

Je suis sur que quand je vais arriver au paradis, tout décrissé, autant cicatrisé et courbaturé physiquement et mentalement, lui encore tout jeune, va se rouler par terre de me voir ainsi.


Ainsi va la vie en ce vendredi.

Ring0

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« Réponse #87 le: avril 28, 2023, 02:30:20 pm »
+1
J’ai googlé son nom et j’ai pas trouver grand-chose. Il est mort avant les médias sociaux. Il n’a même pas laissé de trace sur google.

J'ai fait la même chose récemment. Ça va faire 20 ans cette année qu'un de mes amis s'est suicidé suite à une peine d'amour. C'es-tu cave rien qu'un peu ? Se tuer pour une fille.

En ligne, il n'a aucune existence. Aucune photo. Même pas de nécrologie. Rien.

Il y a vraiment une ligne de démarcation selon qu'une personne ordinaire ait vécu avant ou après l'omniprésence de l'internet.

dalporto

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« Réponse #88 le: avril 28, 2023, 08:52:17 pm »
+1
J'ai une boite avec un paquet d'affaires dedans dont les avis de décès d'amis qui sont morts.

Ils sont tous mort(e)s entre je dirais 1993 et 1999, entre 14 et 27 ans. On parle de 7-8 personnes entre secondaire II pis mes années de Cégep.  Suicide toute la gang pour toutes les mauvaises raisons du monde.

Une fille qui te sacre là, problèmes d'argent alors que tes parents sont pleins pis que t'es trop orgueuilleux pour leur demander de l'aide (ça c'est mon genre mais je ferais un hold-up avant de me rendre là), une danseuse qui te rejette (sérieux), du monde qui te bullient sur MIrc, un pacte de suicide innocent pour des problèmes loufoques que t'es le seul à passer à l'acte, name it.

J'ai juste perdu un chum dans un accident en 199X. Il était pas mort, mais légume total. Il est décédé il y a un an ou deux de la Covid parce qu'il habitait dans un CHSLD.

Y'a pas aucune trace de ces gens-là sur internet, juste mes découpures de journaux. Y'en a 2 là-dedans que je ne suis même plus capable de me rappeler de leur nom de famille.

Charlemagne

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« Réponse #89 le: avril 28, 2023, 10:10:55 pm »
0
Y'en a 2 là-dedans que je ne suis même plus capable de me rappeler de leur nom de famille.

C’est fou. Un portrait sans nom, qui a même pas 30 ans. En la douce mémoire de … qui ?

On nous disait de se méfier d’internet parce que tout qui se trouvait dessus serait permanent mais ils n’ont pas fait la sélection.




dalporto

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« Réponse #90 le: avril 29, 2023, 12:14:07 am »
+1
J'ai oublié leurs noms, mais je me rappelle comment ils sont morts.

Celui qui s'est fait bullié sur mIRC, son père travaillait avec mon père dans le temps, c'est comme ça que je l'avais connu, il avait deux ans de moins que moi. C'était Nicolas son nom, c'est le nom de famille qui m'échappe.

C'est sa soeur qui l'a retrouvé pendu avec un câble d'imprimante série autour du cou, dans le garde-robe de sa chambre.

Ça m'a marqué assez profondément, je pense à lui à chaque fois que je croise un DB25, pis je pense à sa soeur qui l'a trouvé, et à son père qui l'a décroché quand sa soeur l'a appellé à la centrale pour qu'il s'en vienne à la maison.

Chaque fois tu perds ce monde-là de vue. J'en suis venu à la conclusion qu'on leur rappelle la personne perdue, pis qu'ils aiment mieux pas nous voir pour ne pas se rappeler. J'aime autant me faire croire ça que de me demander s'ils ne nous ne veulent pas de ne pas l'avoir vu venir.

Anyway.

La terre c'est pour les vivants, pas pour les morts.

Charlemagne

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« Réponse #91 le: avril 29, 2023, 07:29:59 am »
0
Ta dernière phrase est pleine de sagesse mais quand je suis fatigué des vivants, je me tourne vers les morts parce qu’ils me crissent la paix.

Je me demande si il y a eu plus de morts que de vivant sur la terre. Je vais Madchucker plutôt que de Google


Madchuck: as t’on atteint le point où le nombre de morts est inférieur au nombre de vivant sur la terre présentement ?

MadChuck

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« Réponse #92 le: avril 29, 2023, 12:28:22 pm »
+1
Madchuck: as t’on atteint le point où le nombre de morts est inférieur au nombre de vivant sur la terre présentement ?

Si ce serait serré il faudrait se demander quand on commence à dire que les gens étaient des humains pour commencer à compter mais non.

Il y aurait au-dessus de 100 milliards de morto si on commence à compter assez récemment.

L'empire romain a du approché les 100 millions d'habitants à son peak et ça mourrait à bon rythme.

Mort passé l'âge de la retraite de 65 ans peut-être cependant.
« Modifié: avril 29, 2023, 12:32:39 pm par MadChuck »

jivre

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« Réponse #93 le: mai 01, 2023, 03:41:31 pm »
+2
Vos histoires de vieux souvenirs et de gens qu'on oublie, ça me rappelle une entrée de bédé d'un gars que j'aime bien.
Il s'appelle Boulet, j'en avais déjà parlé ici sur un sujet de bandes dessinées.

Le voici en train de faire son ménage:


cibiou

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« Réponse #94 le: mai 01, 2023, 05:03:52 pm »
+2
ça me fait penser à mes deux cousins, l'un mort d'un cancer à 22 ans, l'autre suicidé à 40. Ils sont une partie de ma vie, mais n'ont aucune existence pour mes enfants. Quand on croise une photo argentique d'eux - puisqu'il ne reste que ça - j'ai un univers de souvenirs qui remontent, mais pour eux, ce sont des abstractions complètes. C'est naturel et sain pour eux, mais c'est bizarre. Pour celui qui n'a pas eu le temps d'avoir d'enfant, sa mémoire et toute trace d'avoir jamais vécu disparaitra avec nous.
Arf, ce n'est pas un souvenir des années 90 ça, désolée.

Charlemagne

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« Réponse #95 le: mai 01, 2023, 10:46:25 pm »
0
Fuck le cancer.
Fuck la maladie mentale

J’ai lu un jours quelqu’un qui écrivait  » il est décédé du suicide«  plutôt que «  s’est suicidé » et ça m’a frappé. Enlever l’acte et transformer en victime, ça change le sens de la phrase.

Un jour, on verra la maladie mentale de la même façon que l’on voit une jambe brisée. Mais c’est encore tellement tabou.

C’est difficile à expliquer comment, dans un état A, on trouve qu’une chose fait du sens et que le lendemain, dans un état B, ça ne fait plus du tout du sens. Comment on peut sentir un matin toute la rationalité nous glisser entre les doigts sans réussir à trouver de prise. Malgré que tout semble nous réussir, « je marche à côté d’une joie, d’une joie qui n’est pas à moi ».

pas étonnant que ma mère se soit isolée dans le bois, quand il n’y a pas d’humain autours, il n’y a personne pour confronter ta réalité. 




Simone

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« Réponse #96 le: mai 02, 2023, 03:07:54 pm »
+3
« je marche à côté d’une joie, d’une joie qui n’est pas à moi ».

d'une joie à moi que je ne puis pas prendre :smiley28:

J’ai googlé son nom et j’ai pas trouver grand-chose. Il est mort avant les médias sociaux. Il n’a même pas laissé de trace sur google.

En ligne, il n'a aucune existence. Aucune photo. Même pas de nécrologie. Rien.

Il y a vraiment une ligne de démarcation selon qu'une personne ordinaire ait vécu avant ou après l'omniprésence de l'internet.

Ou juste si une personne faisait consciemment des efforts pour ne pas laisser de trace numérique de sa vie.

On a un très bon ami qui est décédé d'une overdose d'héroïne en 2019. Il n'était pas un consommateur d'héroïne en temps normal, mais il se battait contre une dépendance au crack, une drogue dans laquelle il était tombée après son tour en Afghanistan et qui lui permettait de gérer un peu son PTSD et les traumas de son enfance avec lesquels il ne souhaitait pas dealer. Quand nous on l'a connu, il était sur une belle lancée, inscrit au certificat en travail social à l'université comme une porte d'entrée vers la criminologie (baccalauréat qu'il a complété avec succès, d'ailleurs, avec l'idée d'aider des gens maganés comme lui à reprendre les rennes de leur vie éventuellement), il était clean depuis un an ou deux... mais quand ça shakait trop dans sa vie, il rechutait. Il avait deux squelettes dans le placard qui ne "fittaient" pas bien avec sa future profession de criminologue / intervenant en réinsertion sociale: la dépendance au crack, et l'habitude de consommation de services sexuels qui venait avec les rechutes de consommation. Il est devenu très très parano. Pas de compte sur les réseaux sociaux, pas de connexion Internet (il prenait ses courriels à la bibliothèque et utilisait un vieux cellulaire pas de données sur le wi-fi pour entrer en relation avec les TDS)... pour une raison que je ne m'explique pas, il était même convaincu d'être "ciblé" par des systèmes de surveillance (parce qu'il travaillait à la douane et avait le sentiment que quelqu'un savait qu'il violait le code d'éthique de l'ASF avec ses habitudes de consommation) et ne communiquait plus que par téléphone pendant un temps.

Il est finalement devenu criminologue et ça allait assez bien, il travaillait comme agent de probation, puis il a vécu une histoire d'amour assez raucous et il a rechuté - je dirais, en lien avec le commentaire de Ringo, que la plupart de ses rechutes étaient causées par des relations houleuses avec des femmes, sa mère ou ses blondes. Il nous a appelé en panique pour nous dire qu'il avait croisé un de ses "clients" (meaning: une personne en réinsertion qui ne devrait idéalement pas savoir qu'il consomme) dans un crackhouse de Montréal. Il était certain de perdre son droit de pratique, d'être percé à jour, voire que le client en question allait le faire chanter. Il est devenu encore plus parano et low profile, si cela est même possible.

La dernière fois qu'on l'a vu, il avait repris sa thérapie avec le Centre de traitement de dépendances de Montréal (je dis ça sans ironie) et il était super serein, en paix avec une situation difficile qu'il avait vécu mais qu'il était en train de régler. On arrosait mon jardin et il m'a confié qu'il avait consommé pour 7000$ de drogues et de services sexuels la fin de semaine avant et qu'il était gêné d'avoir dérapé à ce point-là. Je l'ai accueilli avec bienveillance, parce que ce n'est pas mon genre de juger, mais je pense que j'aurais peut-être dû être moins douce avec lui, parce que le lendemain soir, je l'ai rencontré au métro Sherbrooke pour lui redonner une casquette qu'il avait oubliée chez nous, on est partis chacun de notre côté, moi pour un cours de dégustation de whisky à l'ITHQ, et lui, pour aller retirer une chiée d'argent liquide pour partir sur le party et cette nuit-là, il s'est retrouvé, je ne sais comment, à s'injecter de l'héroïne au lieu du crack et il en est mort.

Ça a pris 4 jours avant que quelqu'un constate sa mort. Après deux jours à ne pas se pointer au travail, ses collègues ont appelé son père (qui devait être la personne contact à son dossier) qui a envoyé la police chez lui. Ça a pris quelques minutes à peine pour le rappeler et annoncer la nouvelle. Mike était tellement secret et parano que son père, qui avait déjà entendu parler de nous mais sans plus, n'avait aucune idée comment nous joindre, alors quand on a fini par apprendre la nouvelle par un concours de circonstances compliqué, trois semaines s'étaient écoulées depuis sa mort et il "reposait" dans une boîte chez son père et on n'a jamais eu accès à lui de quelque façon que ce soit. On ne trouvait même pas d'avis de décès en ligne, car il a été affiché pendant 24h seulement et retiré ensuite. Exactement comme s'il n'avait jamais existé. Je me suis demandé s'il aurait été content de savoir que toute sa paranoïa avait finalement porté ses fruits et qu'il n'existait que dans la tête des gens (peu nombreux) qu'il avait jugé digne de sa confiance. Peut-être.

Pour en rajouter une couche, le fait qu'il avait des fréquentes périodes de silence radio pendant ses rechutes faisait que ce n'était pas anormal pour nous ne pas avoir de nouvelles de lui pendant 2-3 mois... et son décès a été suivi par une très longue pandémie où l'isolement social était devenu une sorte de norme, alors son absence dans notre vie était une sorte de flou qu'il a été très difficile d'associer à la finalité de la mort. En tout cas, les deux premières années, ça m'arrivait d'oublier, par moments, qu'il n'était plus là du tout. C'est un sentiment que j'ai encore beaucoup de difficulté à processer, d'ailleurs. Mais bref, tout ça pour dire que l'absence de vie virtuelle a le même caractère incongru, que la personne ait vécu avant Internet ou pas. C'est comme une absence difficile à concevoir en des temps hypernumériques.
« Modifié: mai 02, 2023, 03:33:30 pm par Simone »
C'est exactement ça qu'est la littérature: d'habiles mensonges qui, secrètement, disent la vérité. - Simone de Beauvoir

Berslak

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« Réponse #97 le: mai 02, 2023, 06:54:32 pm »
+1
Pour le "je pense que j'aurais peut-être dû être moins douce avec lui", je ne crois pas que ça aurait eu un meilleur effet que la bienveillance.

Quand un dépendant est mis sous pression, il dérape encore plus fort.
Je suis ici seulement pour m'exprimer un peu et non pour discuter activement sur plusieurs messages. Merci de respecter mon désir de m'exprimer à petites doses.

Charlemagne

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« Réponse #98 le: mai 03, 2023, 09:24:48 pm »
0
J’ai perdu deux employé par le cancer. Il y en a un qui en arrachait avec ses comptes, il en avait genre 4 et Snapchat me propose souvent de devenir son ami, même si il est mort depuis 3 ans.

L’autre, sa page n’a pas été transformer en mémorial. Son dernier statut était: je m’en vais me faire opérer, pensez à moi !

Il est mort sur la table. J’y pense encore

Charlemagne

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« Réponse #99 le: mai 03, 2023, 09:25:15 pm »
+1
À la fin des années 90, j’ai décidé de ne plus vivre. Ou de vivre plus. C’est selon la situation, j’ai juste décidé de ne pas dire non et me chercher des situations plus périlleuses.

J’ai decroché, je me suis trouvé un travail de technicien de surface dans une épicerie et j’ai attendu. Je suis devenu ami avec Carl qui plaçait le lait, Diane et Carole les deux caissières qui voulaient être ma mère, Julie qui me parlait du film armagedon et qui chantait du aerosmith, une blonde sortie tout droit des années 80, Martine avec son doux accents français mais qui allait mourrir de façon terrible quand son mari jaloux allait la poignarder un samedi soir. Marc me parlait de sa corrado VR6, richard avait mis un sub dans sa valise de char, 2 x 12 pouces. Et moi je regardais ce petit monde comme une pièce de théâtre. Pas de façon hautaine, je voulais vivre avec eux, ça me changeait de ma vie familiale où tout était célébrâmes. Le jeudi, les étudiants revenait travailler et je les écouter parler du cegep. Des jeunes pleins d’énergie, qui arrivait avec les familles pressé pour faire l’épicerie. Il y avait un représentant de fuel qui vendait des cellulaires, on voulait le plus petit.

J’ai ramassé 4-5000$ avant d’arriver à l’été, pis j’ai décidé de le dépenser, sans dire non, mais sans grande dépense. J’ai retrouvé des vieux amis, on s’est mis à sortir. Un de ces amis dealait de tout, il payait mon gas pour je lui fasse ses lifts, je testait son stock. Il avait tout sauf de la poudre. Mauvais acide,  buvard, speed, Extacy. On a commencé tranquillement puis l’été est devenu chaud.

Je disais jamais non.

Je suis sorti de ma banlieue. Desfois on restait dedans. Le super9 ou les gars de ferme venait se prouver un à l’autre. Plein de bar miteux dont j’ai oublier le nom. On attirait le trouble, on se pognait, l’adrénaline montait, pis on avait du fun. Au début de l’été, on était jeune, tout le monde nous faisait peur, à la fin de l’été, on avait acquis de l’assurance. Le doorman poudré qui m’avait sorti tête première pour ouvrir la porte en juin, il s’était essayer à nouveau tandis que j’étais sur un cocktail, ça finit dehors, j’ai mangé deux coup de poing mais j’ai rien senti. Mais j’etais déjà blasé à la fin de l’été, ça s’est terminé quand on lui a payé à boire

On a commencé à explorer Montreal. Sans jamais dire non.

On testait un produit, pis quand ça kickait, on allait à Montréal. C’est pas des moments glorieux, j’ai traversé le pont jacques cartier assez gelé que je pensais que les ombres me suivaient. J’évitais la voie de droite parce que j’avais peur de glisser vers le fleuve. On trouvait une place et on marchait. On était trop pauvre pour entrer dans les clubs chic, on finissait par flâner. Les bars fermaient, on allait manger au Burger King avec les clubbeux, pis on s’assoyait sur un bloc de ciment qui ceinturait un terrain vacant et on regardait Le Soleil de lever et percer entre les bâtiments, pendant que les maganés nous parlait et deparlait.

On poussait plus loin dans la déchéance, on avait du plaisir à parler avec les gens dans la rue. On fittait pas, habillé propre, bien peigné, à discuter avec une prostitué qui en avait vu. Notre groupe s’est séparé, il y en a qui tolérait ces gens.

Je continuais de travailler, j’arrivais après une nuit blanche pour faire mon huit heure, les 4 premières allait bien, j’étais encore sur les vapeurs des buvard-speed, mais la fin était pénible. J’ai perdu 30-40 lbs. Je me suis pas pesé mais je flottais dans mon linge. Je suis passé de taille 34 à 28 en 1 mois. Je passais deux jours sans manger. Je fumais un joint pour faire un trip de bouffe, on allait au dairy queen ou tout le monde était, je me claquais deux sundaes, pis mon intolérance au lactose se chargeait du reste, je passais encore 2 jours dans manger.

Il y avait du monde de mon école secondaire qui se tenait au dairy queen, tout comme à la belle province. Les vendredi, c’était vivant, on arrivait avec nos chars, beaucoup de Civic, des chars de parents, et des comme moi avec des minounes. J’avais 1 douze pouce de 500 watt qui frappait assez pour faire décoller la rouille sur la tailgate de ma Caravan. Plus l’été avançait, plus j’allais à Montréal et qu’ils nous arrivaient un paquet d’affaire, plus je trouvais que mon village était petit, que les gens de mon âge manquait de profondeur. C’était facile pour moi d’être philosophe, j’étais gelé 24 sur 24. On allait au marché au puce de Carignan pour s’acheter des lunettes fumés et on cherchait les modèles les plus étranges, ou on restait simple, avec le modèle aviateur teinté en jaune. La vie était belle en jaune, ma banlieu était un désert.

On attendait avec impatience le deuxième album de Eminem. Quand il est sorti, je l’ai acheté, on l’a écouté en auto, sur un discman shockwave jaune branché dans un adapteur cassette. On se pensait unique, mais on était tous pareil. On est arrivé dans un party de maison chez du monde qu’on connaissait pas, à st-Bruno, dans une grosse maison , on a fait de la coke sur la laveuse, je sais pas avec quoi elle avait été coupé mais elle était rose. Elle piquait dans le nez. On est sorti de la salle de lavage et la marde a pogné, je sais pas pourquoi. Je trippe en paix et en philosophie mais à cette époque, y avait tout le temps du monde pour se tester un l’autre, de la testostérone mal placé. Je me rappelle pas trop de ce qui s’est passé à part qu’un gars a perdu ses deux palettes d’en avant et est resté couché à terre. J’ai dégelé un peu ce soir là.


J’ai découvert un soir qu’on avait en banlieue des gangs de rue! On avait même des chefs! Tout ça était absurde pour moi mais le gars avait l’air de prendre ça au sérieux et il me parlait de respect. Mais j’étais en plein trip de buvard et tout ça me faisait penser à Grease et ça me faisait rire a un point où j’avais de la misère à respirer. Ils étaient plusieurs et je les imaginais autours de moi en train de claquer des doigts, comme dans Grease.

Ils m’ont felé une côte mais je l’ai pas senti avant le lendemain. Et j’ai pas arrêter de rire. Ça fait que du monde ont pris ma défense. C’est un peu flou pour moi.

Un jour à Montréal, j’ai rencontré la maladie mentale. Un jeune homme est venu me parler, ou se parlait, il a pris peur et nous a menacé, je comprenais pas grand chose, j’étais assis, amorphe, à regarder mon ami et le malade se pousser jusqu’à temps que ce dernier tombe dans un lac du parc Lafontaine. On l’a sorti de l’eau, il nous a remercié pour lui avoir sauver la vie, on a fumé avec un joint et il est reparti.

Ça devenait de plus en vide dans ma banlieue. Il y avait toujours du monde mais ils étaient tous pareil. C’est comme un champs de mais pour un abeille, plein de verdure, mais pas de pollen.

J’ai déjà raconté mon histoire de rave ou je voyais des Michel partout.

On écoutait

- like whoa
- da wockwilder, avec les coups de base au début qui donnait une go a un trip de buvard qu’on ne faisait pas partir avec d’autre chose.
- pharaoe munch, simon says
- Mosdef
- dre avec tout ses remix
- Dj Clue avec ses remix

On comprenait pas vraiment la guerre east coast West coast sauf ceux qui se faisait à croire qu’il comprenait.

Un jour, quelqu’un m’a dit, on va au Stéréo, il y a le système de son le plus puissant de Montréal. Je pars là dans rien savoir, on est trois gars-trois filles. J’ai aucune idée de ce qu’est le stéréo, je sais même pas où c’est. C’est parti pour une soirée facile. J’ai la chanson smack my bitch up en tête, elle joue sourdement pendant que je prends mon premier speed. On s’en va dans le lineup. Un gars en char passe et nous traite de pédale, ce qui me dit que mon speed embarque pas assez vite et on décide de prendre de la poudre pour le faire embarquer. Deux gars s’embrasse en avant de moi. En début d’été, j’avais seulement vu des homosexuels à la télévision. La, j’en avais vu pas mal dans les afterhours, de toutes façons, je suis tellement primé que la musique qui passe au travers de la porte réussis à enterrer smack my bitch up qui veut pas décoller de mon oreille. Deux gars s’embrasse en arrière. Ça pris une semaine avant que quelqu’un me dise que j’étais pas mal dans le cœur du village et quand il me l’a dit, c’est avec un air degouté. C’était encore comme ça dans les années 90. Ma blonde a lu un livre sur les descentes que les polices faisaient dans les années 90, j’ai pas réussis à le lire encore mais josianne reconnu dans les photos un policier qui venait juste de prendre sa retraite. C’est proche comme ça. Les chars passaient et nous insultaient mais ça avait pas l’air de déranger les autres qui continuaient de s’embrasser.

On est rentré dans l’escalier, on a payé à la trans ou drag, j’étais pas en état de m’en rappeler mais elle avait une voix d’homme avec un décolleté. Ça me surprends un peu mais pas trop, je suis mort à l’intérieur. On arrive à l’interieur, pis c’est vrai que le son est fort. La vibration devant le speaker me chatouille le fond du cerveau, je me plante devant. Mes acouphènes doivent venir de la.   

Tout va bien mais je commence à me sentir normal. On prends un autre speed, d’autre poudre, je laisse le reste aux autres et je pars. Le frisson me monte jusqu’aux épaules. Je me retrouve sur le ola cher et je regarde autours de moi et je réalise, ben tabarnak, c’est un club gai ! Je vais au Chill ton, je m’assis et j’attends que mes yeux s’habitue.

Dans les after, ils toléraient pas grand chose de sexuel, on s’en sortait ailleurs, caché dans un recoin mais dans le chillroom c’était tolérance zéro. Ben pas ici. Et c’est là que je confirme en voyant tout ça que c’est vraiment un club gai. Je me retourne vers mon ami qui me dit: tu vois tu le gars sucer l’autre.  Ok, j’hallucine pas. On décide que c’est pas grave, c’est temps de fêter ça.

Mais j’ai perdu le compte, la dernière Track remonte à quand ? 10 minutes ? 30 ? On s’en fou, on en reprends. Ça faisait 10 minutes, j’ai le cœur qui pompe assez que je mon chandail tremble. Ils font jouer justement prodigy, smack my bitch up, le bout oriental et je trippe assez solide. Et je sens une chaleur remonter tranquillement et je commence à avoir le souffle court.

Est-ce que je suis en train de crever ? Est ce que j’ai réussis ? Fuck tout ça, je dois bouger. Puis je me dis, mon pauvre père homophobe va ben mourir deux fois si on me retrouve ici. Anyway, je suis en badtrip et je sors dehors. Un de mes amis vient me rejoindre, me dit de me relever la tête, et me criss un coup de poing assez fort pour me chipper une dent et me faire cogner la tête sur le mur. Mais ça va mieux, ça en prends des amis comme ça.

Smack my bitch up

On fini la matiné, on sort de là à 7:00 du matin. Les gens vont travailler. Il y’a quelque chose qui s’est brisé en moi mais c’est bien. J’ai décidé de me donner un autre 10 ans. Il va avoir une soiré assez mémorable de poudre dans un hôtel miteux.

Je vais finir l’été au fuzzy de Brossard. Avec des douches de mon secondaire. Des vieux Bully qui sont content de me revoir.

Mais oui mais oui, moi aussi.

J’ai de la confiance sur le bord du nez et une bonne motte d’assurance qui me descend dans la gorges, assez que sans comprendre pourquoi, on me paie à boire à soir. Je me rappelle être aller faire une ligne avec un ami dans la toilette d’handicappé et en sortant d’être tombé sur un ancien bully qui s’est mis à rire parce qu’on était deux gars qui sortaient de la toilette. Il comprenait pas ce qu’on venait de faire. Soudainement, tout ce monde qui me stressait sont devenu des vidanges, sans aucune importance. Je suis allé au bar, y avait la reine du bal des finissant qui était là et qui s’est mise à me parler mais mon trip s’achevait, j’avais plus le goût de parler.

Le lendemain quand mes amis m’ont appelé, j’ai dit non.

J’ai commencé le cégep deux semaines après, entouré de jeune qui découvrait la vie d’adulte, les danseuses, etc.

C’est là dessus que la décennie s’est terminé pour moi.

J’ai aucun regret. J’ai pas voyagé à l’extérieur du pays mais j’ai fait un méchant voyage quand même. J’ai appris à m’intéresser à tout le monde. Tout le contraire de mon père.