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Auteur Sujet: Système d'éducation québécois  (Lu 199 fois)

Lisa

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Système d'éducation québécois
« le: mai 01, 2026, 04:52:36 pm »
+1
Excellent texte d'opinion aujourd'hui dans le Devoir: https://www.ledevoir.com/opinion/idees/976670/osera-dire-suffit-est-ce-vous-mme-lebel

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Saviez-vous, Sonia, que pendant longtemps, lorsque j’étais adjointe dans une belle école secondaire publique, j’observais un étrange phénomène chaque mois d’octobre?? À la fin de l’automne, aussi prévisible que le rougissement et la valse des feuilles, nous recevions à notre école tous les élèves qui avaient eu des problèmes de comportement importants dans leurs écoles privées et qui avaient été exclus de leur chic collège. C’était la rentrée scolaire automnale des élèves qui n’avaient pas réussi leur test de passage comportemental au privé.
Cette influence du privé, je la ressentais aussi comme directrice d’école au primaire, puisque je devais gérer le stress de plusieurs élèves qui avaient peur de décevoir leurs parents lors des remises des bulletins. Mes jeunes élèves ne voulaient pas se faire gronder, car, pour certains parents, il ne fallait surtout pas aller au secondaire dans une école publique, et de bons résultats scolaires permettaient d’atteindre le saint Graal, soit une admission au privé sélectif.

J'en suis à un moment où je devrai bientôt regarder les écoles secondaires pour ma grande, d'ici un an ou deux. Mon école publique a chuté en qualité, les élèves en difficultés y sont prépondérants, alors que le fait de fréquenter une école privée était une anomalie à mon époque dans le même quartier.

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Allez, du courage, Sonia, commençons graduellement à baisser le financement public des écoles privées. Utilisons cet argent pour bonifier les services au public. Valorisons la mixité dans les écoles, favorisons les échanges entre les élèves de différents milieux !

Les deux milieux peuvent exister en ayant un partage plus raisonnable des frais et surtout des élèves à défis particuliers. Il faut cesser cette iniquité. Et ce ne sont pas les parents qui sont à réprimander, autant les parents qui préfèrent le privé que ceux qui préfèrent le public. On ne cherche pas de coupable ici, on veut juste retrouver les valeurs québécoises habituelles de partage, de bienveillance et d’équité. Est-ce équitable que 90 % des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA) du Québec soient réunis presque exclusivement dans les écoles secondaires publiques ?

Concrètement, on fait quoi comme société quand le public part avec une aussi grande marge derrière? Comme parents, vous faites quoi? Les autres forumeux dans le milieu de l'éducation?
« Modifié: mai 02, 2026, 06:17:38 pm par Lisa »
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Ciné

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« Réponse #1 le: mai 02, 2026, 06:12:23 pm »
0
J'étais déjà pas très école privée, mais le dumping d'élèves du privé au public quand ils se comportement mal, c'est assez ordinaire. Déjà qu'ils prennent les plus sages en partant, ils font donc un deuxième tri et se débarassent des plus problématiques plutôt que d'en prendre soin. Des estis de belles valeurs ça!
« Modifié: mai 02, 2026, 06:17:46 pm par Lisa »

dalporto

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« Réponse #2 le: mai 02, 2026, 07:49:22 pm »
0
Ça a dû changer en 30 ans.

Entre 1993-1995, on a reçu 4 ou 5 rejets du privé à mon école publique (SURPRISE! JE SUIS UN PRODUIT DE L'ÉCOLE PUBLIQUE!).

Ceux qui allaient au privé dans le temps, c'était les rejetons des professionnels; enfants de médecins, de notaires, d'avocats, souvent des couples de professionnels. C'était le point commun de ces moineaux là.

Les enfants à mon frère sont sortis du secondaire il n'y a pas longtemps, 1-3 ans. C'est pas un professionnel, il travaille dans une shop, et sa blonde a cumulé des emplois de manière intermitente qui ne paient probablement pas en haut de 70k$ par année depuis 20 ans. Ce que je veux dire, c'est que la donne a changée, c'est pu la même crowd qui inscrit leurs enfants au privé.

Avant c'était seulement les plus riches qui inscrivaient leurs enfants au privé et qui en avait les moyens. Et ceux qu'on recevait, la seule manière de l'expliquer c'était que c'était des kids de familles où les parents travaillaient trop et qui s'en occupaient juste pas. Du genre fils (juste des gars d'ailleurs) d'un couple de médecin (salut Frank) qui sortait de désintox pour une dépendance à l'héroïne dans une école située dans un village (Jésus-Marie pour ne pas le nommer), ou n'importe qui avait de la misère à se trouver un demi gramme de pot. École de riche = problèmes de riches au début. Genre le jeune a 400$ d'argent de poche par semaine à 15 ans en 1994.

Je ne sais même pas c'est quoi mon point ici. Peut-être ça:

On devrait peut-être regarder ça de l'autre bord? L'école publique s'est sauvé de 3 ans avec ces élèves disfonctionnels là? Et comme c'est récurrent, faut s'adapter?

On avait des classes spéciales pour ces genres de troublemakers là dans le temps, ça n'existe plus? Ça s'appelait cheminement particulier, ça déloadait les profs du rugulier.

Y'en a qui s'en sont bien sortis, parce que c'était pas particulièrement des déficients ou des débiles, juste des jeunes qui étaient incapables de rester assis en classe la plupart du temps.

Lisa

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« Réponse #3 le: mai 02, 2026, 08:12:40 pm »
+1
classe d'adaptation : on en a plus que jamais, alors on tente de garder les moins pire dans la classe ordinaire. Si tous les bons pis les fins sont dans les programmes spéciaux pis enrichi, ça aide pas à diluer ces classes-là.
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Ciné

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« Réponse #4 le: mai 02, 2026, 08:18:01 pm »
0
On avait des classes spéciales pour ces genres de troublemakers là dans le temps, ça n'existe plus? Ça s'appelait cheminement particulier, ça déloadait les profs du régulier.

L'une de mes tantes a passé sa vie dans ces classes pour élèves turbulents, mais sans être complètement abolies, elles sont beaucoup moins nombreuses de nos jours. De ce que j'en sais ça vient d'une réforme (préparée par Marois, puis appliquée par Legault en 1999) voulant que la grande majorité des élèves demeurent dans les classes traditionnelles.

Entendons-nous, ce n'est pas nécessairement mauvais que les bons élèves en côtoient de plus turbulents parce que quelque part, c'est ça la vie. Mais la pertubation est exponentielle. Un élève pertube sur un facteur un. Deux perturbe quatre fois plus. Trois, neuf fois plus. Rendu à cinq, ça devient intenable, surtout qu'il n'y a que quatre coins dans une classe.

Bref, en petit nombre, ce n'est pas mauvais, car 25 peuvent servir de modèles à deux ou trois, mais dépassé ça, c'est l'inverse qui se produit et les 4 ou 5 vont grandement ralentir le groupe.

Et donc de savoir que les écoles privées font du dumping du genre, c'est précisément la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Les classes devienent inégérables, les profs font des burn-out ou quittent le domaine et les élèves se retrouvent avec des suppléants. Tout ça parce que quelque part on juge que c'est mieux de se débarasser d'un enfant que de le prendre en charge.

Citation de: Duhaime
Oui, mais il faut savoir que les écoles privées...

Ah, ta yeule!
« Modifié: mai 02, 2026, 08:22:16 pm par Ciné »

Ciné

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« Réponse #5 le: mai 02, 2026, 08:19:36 pm »
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classe d'adaptation : on en a plus que jamais, alors on tente de garder les moins pire dans la classe ordinaire. Si tous les bons pis les fins sont dans les programmes spéciaux pis enrichi, ça aide pas à diluer ces classes-là.

Excellent point.

dalporto

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« Réponse #6 le: mai 02, 2026, 09:19:38 pm »
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Et donc de savoir que les écoles privées font du dumping du genre, c'est précisément la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Les classes devienent inégérables, les profs font des burn-out ou quittent le domaine et les élèves se retrouvent avec des suppléants. Tout ça parce que quelque part on juge que c'est mieux de se débarasser d'un enfant que de le prendre en charge.


C'est l'essence même d'une compagnie privée.

Je ne comprends pas vraiment le point ici.

T'as des éléments néfastes qui nuisent à ton rendement et à tes cibles, tu t'en débarrasses? Je ne dis aucunement que je suis d'accord quand ça s'applique à l'éducation, mais si on reste terre à terre.

De la même manière que la médecine privée ne fait pas de cas qui ne sont pas rentables.

Donc si mettons on n'avait pas d'écoles privées, tous les cas à problèmes se ramasseraient dans le réseau public, right? Ok, il y aurait aussi les "bons" élèves du privé, mais c'est pas la partie problématique.

À parler strictement des cas de dumping du privé vers le public, j'ai de la difficulté à suivre c'est quoi le point au juste.

On veut obliger les écoles privées à garder leurs mauvaises graines?

Je ne comprends pas où ça s'en va.


Ciné

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« Réponse #7 le: mai 02, 2026, 11:18:38 pm »
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Donc si mettons on n'avait pas d'écoles privées, tous les cas à problèmes se ramasseraient dans le réseau public, right? Ok, il y aurait aussi les "bons" élèves du privé, mais c'est pas la partie problématique.

En fait, oui. Tout est dans le terme "diluer" employé par Lisa VS ce que je disais du potentiel du facteur exponentiel de dérangement des élèves turbulents.

En gardant les meilleurs dans les écoles privés*, les moyens dans les programmes enrichis des écoles publiques et les moins bons dans les classes ordinaires, tu te ramasses avec beaucoup trop d'éléments perturbateurs dans ces dernières.

Si tous les jeunes fréquentaient les mêmes écoles, la proportion de cancres baisserait drastiquement, les classes seraient plus gérables et les profs ne quitteraient pas.

Sylvain Duclos, que tout le monde doit connaître ici a dit un truc marquant : ce n'est pas une pénurie de professeurs, c'est une désertion. Rien de plus vrai.

*C'est aussi une question de parents fortunés, mais c'est secondaire dans la discussion.
« Modifié: mai 03, 2026, 09:28:48 am par Ciné »

Ring0

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« Réponse #8 le: mai 03, 2026, 11:25:55 am »
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C'est pas un environnement super hostile une école secondaire montréalaise publique pour un élève Québécois de souche ?

« Modifié: mai 03, 2026, 11:39:57 am par Ring0 »

plsavaria

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« Réponse #9 le: mai 03, 2026, 11:52:26 am »
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Ça a dû changer en 30 ans.
(...)
Ceux qui allaient au privé dans le temps, c'était les rejetons des professionnels; enfants de médecins, de notaires, d'avocats, souvent des couples de professionnels. C'était le point commun de ces moineaux là.

Ça variait vraiment dépendant de l'offre / où au Québec.
Autour de Saint-Hyacinthe, de mémoire, y'avait à mon époque la plus grande proportion d'étudiants allant à l'école privée au secondaire (et y'avait même du privé au primaire).
Et il restait beaucoup d'offre religieuse à faire (soeurs et frères).

Le mix recevoir subventions (85% de l'équivalent public?) + congrégation religieuse + fondation avec bonnes poches rendait pareil le coût pas ahurissant. Du moins c'était pas juste des enfants de médecins ou d'avocats.

Cousin dont parents étaient journalier d'usine et technicienne de garde.
Cousines dont parents étaient garagiste (proprio cependant) et pompiste.
Beaucoup de fermiers "se forçaient" à envoyer leurs ados au privé religieux (surprise, fermier et religion / conservateur tend à être élevé).

Ça doit avoir droppé, le pourcentage d'étudiants au privé à Saint-Hyacinthe. Le collège Antoine-Girouard ayant passé au public, et je crois pas que les deux autres aient agrandis en plus de 30 ans.

Lisa

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« Réponse #10 le: mai 03, 2026, 10:38:25 pm »
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Je ne comprends pas vraiment le point ici.
Donc si mettons on n'avait pas d'écoles privées, tous les cas à problèmes se ramasseraient dans le réseau public, right? Ok, il y aurait aussi les "bons" élèves du privé, mais c'est pas la partie problématique.
On veut obliger les écoles privées à garder leurs mauvaises graines?

Déjà oui, que les écoles privées, qui disent avoir des enseignants et des moyens fantastiques, gardent et gèrent leurs mauvaises graines. Sinon, ces élèves là sont quelque part pareil, et ce sont les ressources du public qui casquent encore.

Mais ultimement, comme l'article le propose, possiblement de descendre graduellement le financement du privé? Forcer le privé à ne faire aucune sélection?


Imagine les parents crinqués qui s'impliquent dans l'école alternative ou privée de leur enfant, ce que ça pourrait faire, à être obligés d'envoyer leur enfant à l'école publique du quartier. Ça s'impliquerait sur un moyen temps.
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