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Auteur Sujet: Woke and the city  (Lu 808 fois)

Ciné

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Woke and the city
« le: septembre 11, 2022, 11:18:44 am »
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And Just Like That est la raison pour laquelle Friends a bien fait d'y aller avec la réunion originale de l'an passé plutôt que de tenter d'enfiler leurs vieux souliers. Je pense que c'est Lisa Kudrow qui a dit quelque chose comme : "À mon âge, je ne me vois pas jouer une Phoebe aussi écervelée qu'elle l'était il y a vingt ans." C'est en plein ça.



Je sais qu'on tombe souvent dans l'hyperbole sur le forum parce que plus souvent qu'autrement c'est drôle de beurrer épais, mais je ne vois comment And Just Like That aurait pu être plus pénible et pitoyable. Du moins le peu que j'ai vu, parce que oui, après très exactement 21 minutes du premier épisode qui en dure une quarantaine, j'ai jeté l'éponge. Je sais, je sais, vous allez me dire que 21 minutes c'est peu et que j'aurais pu laisser une chance, mais si vous connaissez Sex and the City, considérez ce qui suit :

- Les personnages n'ont pas vieilli d'une miette. On ne décèle aucune évolution dans leur manière d'être ou de se comporter. Je dirais même une régression par rapport au premier film (le second était aussi mauvais que cette série). Trois femmes à la mi-cinquantaine qui se la jouent mi-vingtaine. C'est vraiment pénible de les voir aller.

- Miranda assiste à une formation de groupe et se méprend sur l'identité de l'enseignante. Un gag sans aucune originalité. "Non vous ne devez pas vous asseoir là, car c'est réservé à l'enseignante. Ah c'est vous l'enseignante? Je ne pensais pas que c'était vous. Non, non, pas parce que vous êtes noire bien sûr..." Et ça continue de même pendant une minute. Comme si on n'avait pas vu ça des millions de fois... à commencer par la toute première scène de It's Always Sunny in Philadelphia, laquelle date d'il y a près de 20 ans.

- Aussi si j'ai intitulé le fil Woke and the City c'est parce qu'on nous enfonce la diversité, l'inclusion pis le débat autour des genres dans la gorge. Et je vous rappelle que j'en ai vu juste 21 minutes. J'imagine même pas le reste. Durant la scène de méprise mentionnée précédemment, par exemple, Miranda dit "C'est lui qui me l'a dit", et son interlocuteur de répondre "Ha ha, en voilà une qui est vite sur les genres", laissant entendre que c'est peut-être une elle, une iel ou n'importe quoi d'autre qu'un homme.

- Plus tard, Carrie assiste à l'enregistrement d'un podcast et l'animatrice se fait non seulement un point d'honneur de dire qu'elle transgenre, mais d'ajouter que les deux autres genres (qui composent 99% de la planète) sont ennuyants à mourir. Ce n'est pas dit méchamment, mais c'est zéro subtil. Oh et évidemment dans ce podcast, Carrie ne représente pas les femmes, mais les "cisgenres femmes hétéros".

- Au final c'est comme si on avait une liste d'épicerie de trucs "politically correct / woke" pis qu'il fallait cocher TOUTES les cases en dix minutes sous peine de perdre 1% de l'auditoire. La scène d'ouverture met en scène les trois personnages principaux qui sont blanches? Vite, il faut faire entrer en scène une Noire qui vient jaser avec Charlotte. Y a aussi l'animatrice du podcast qui est mexicaine. L'enseignante dont je vous parlais qui est noire. Mais pas de danger qu'on leur donne des rôles importants. Pendant une douzaine d'années, Sex and the City a dépeint l'amitié entre quatre femmes qui sont un peu devenues des icônes de leur génération. Si l'une d'elles manque à l'appel, pourquoi ne pas la remplacer par le personnage d'une femme noire? Gros manque de guts là-dessus.

- Ce qui m'amène à la goutte qui a fait déborder le vase, et qui a sans doute joué sur le fait que je stoppe le visionnement aussi tôt : la manière dont ils se sont débarrassé de Samantha. Je dis "ils", car ça comprend toute l'équipe des scénaristes aux actrices qui ont accepté de dire le texte. En gros, Carrie et Samantha se seraient brouillées à la suite de quoi, cette dernière serait partie s'établir à Londres. Jusque là ça va. C'est assez fidèle aux chicanes légendaires entre Sarah Jessica Parker et Kim Cattrall. Mais fallait-il faire descendre le personnage aussi bas? Gros manque de classe ici. En à peine deux minutes on lui fait non seulement porter le blâme, mais on la fait passer pour une manipulatrice qui a mis fin à son amitié avec Carrie à la seconde où elle ne pouvait plus en tirer de gains financiers. C'est Samantha qui aurait coupé tous les ponts, alors que les trois autres auraient tenté à plusieurs reprises de la contacter. Ce n'est pas tant Cattrall qu'on attaque que tous les fans du personnage et de la série. :smiley18:

En conclusion, il y a un moment clé qui arrive très tôt dans ce premier épisode (du moins assez tôt pour que j'aie eu le temps de le voir), c'est Charlotte qui s'assied sur son divan près de son chien et qui dit "Please Love Me". And Just Like That c'est dret ça : une série qui tente de retrouver le succès du passé et qui est prête à sauter dans n'importe quel cerveau pour y parvenir.
« Modifié: septembre 11, 2022, 04:08:14 pm par Ciné »

Plume

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Woke and the city
« Réponse #1 le: septembre 11, 2022, 12:56:08 pm »
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- Aussi si j'ai intitulé le fil Woke and the City c'est parce qu'on nous enfonce la diversité, l'inclusion pis le débat autour des genres dans la gorge. Et je vous rappelle que j'en ai vu juste 21 minutes.



Dans la même veine : En France, la diffusion télévisée de la série « Gossip Girl : Nouvelle Génération » a débuté la semaine dernière… Plusieurs critiques ont été formulées à son égard, dont celle que tu viens d’émettre.

« Tout d’abord, l’ambiance générale est aseptisée, artificielle, sans mordant et pourrie par un wokisme tellement criard que cela en devient nauséeux. En quelques minutes, on nous balance un groupe multiracial, dirigé par des noirs et des métis (là où la première série proposait une société entièrement blanche), où la drogue, l’homosexualité, la bisexualité, la dénonciation des oppressions sont la norme… Où des lycéens matent le sexe de leur prof dans les toilettes et où des profs vont boire dans les mêmes cafés que leurs élèves… » https://www.senscritique.com/serie/gossip_girl/critique/259151643

« - Plus de diversité raciale que dans la série originale, mais avec le bémol qu'il devient très peu crédible de voir autant de personnes dont les origines les placeraient statistiquement dans les catégories les plus défavorisées évoluer non seulement au sein d'un lycée à 40.000 dollars l'année en plein Manhattan, mais en plus d'en constituer le groupe le plus populaire. Mais ça je n'en sais rien, je ne suis pas New Yorkaise, je suppose seulement.

- le wokisme de la série qui s'apparente à du greenwashing bas de gamme et non à une réelle prise de position politique, le rendant tout simplement écœurant même pour les plus gauchos d'entre nous. » https://www.senscritique.com/serie/gossip_girl/critique/266577481


Il est vrai que la volonté de mettre en avant la diversité, etc., est palpable. Cela ne me dérange pas en soi, au contraire. En revanche, certaines situations paraissent parfois peu crédibles, effectivement. Question de dosage… À l’instar d’un certain Thomas (https://www.senscritique.com/serie/gossip_girl/critique/272823569), je me demande par exemple comment les adolescents en question, qui semblent avoir déjà tout expérimenté, peuvent avoir vécu autant de choses à leur âge… Il y a la question relative à « l’hypersexualisation de la société », également. Etc. C’est peut-être distrayant/divertissant, mais cela manque clairement de finesse.
« Si la musique nous est si chère, c'est qu'elle est la parole la plus profonde de l'âme, le cri harmonieux de sa joie et de sa douleur. » (Romain Rolland)

MadChuck

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Woke and the city
« Réponse #2 le: septembre 11, 2022, 01:20:17 pm »
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« - Plus de diversité raciale que dans la série originale, mais avec le bémol qu'il devient très peu crédible de voir autant de personnes dont les origines les placeraient statistiquement dans les catégories les plus défavorisées évoluer non seulement au sein d'un lycée à 40.000 dollars l'année en plein Manhattan, mais en plus d'en constituer le groupe le plus populaire. Mais ça je n'en sais rien, je ne suis pas New Yorkaise, je suppose seulement.

Ce sera probablement plus diversifié qu'une école américaine privée moyenne  (New-York, mais habituellement plus c'est chère et prestigieux plus il y a un large groupe d'étudiants qui sont admis gratuitement et plus ils sont sous la loupe):
New York City’s most prestigious private schools have made great strides in diversifying their student bodies. In classrooms where, years ago, there might have been one or two brown faces, today close to one-third of the students are of a minority. During the 2011-12 school year, 29.8 percent of children at the city’s private schools were minority students, including African-American, Hispanic and Asian children, according to the National Association of Independent Schools, up from 21.4 percent a decade ago. (Nationally, the figure was 26.6 percent for the same period, up from 18.5 percent 10 years before.)


Trinity par exemple c'était 37% d'étudiant issues de minorité en 2012, près de 42% en 2018.

dalporto

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Woke and the city
« Réponse #3 le: septembre 11, 2022, 01:25:24 pm »
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BRÉBOEUF EST OUVERT AUX FIOLLES OÙ EST-CE QUE LE MONDE S'EN VA?!?

Ciné

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« Réponse #4 le: septembre 11, 2022, 03:06:13 pm »
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Il est vrai que la volonté de mettre en avant la diversité, etc., est palpable. Cela ne me dérange pas en soi, au contraire.

Ce qui me dérange ici c'est qu'on emprumpte les mêmes personnages qu'on a connus. Ce n'est pas suffisant de changer de titre, ayez le guts de concevoir quatre nouveaux personnages, disons, une transgenre, une non-binaire, une lesbienne et une Noire hétéro, pis tricotez ça subtilement.

En revanche, certaines situations paraissent parfois peu crédibles, effectivement. Question de dosage… À l’instar d’un certain Thomas (https://www.senscritique.com/serie/gossip_girl/critique/272823569), je me demande par exemple comment les adolescents en question, qui semblent avoir déjà tout expérimenté, peuvent avoir vécu autant de choses à leur âge… Il y a la question relative à « l’hypersexualisation de la société », également. Etc. C’est peut-être distrayant/divertissant, mais cela manque clairement de finesse.

Voilà. Le problème c'est que les personnages ne sont plus écrits. Ce sont des porte-étendards sans-âme. Et ça ne se limite pas à And Just Like That c'est un problème généralisé qui est apparu au cinéma avant de contaminer la télévision. La grande majorité des personnages pensent pareil, s'expriment pareil ce qui tend à les rendre interchangeables. À croire que tous les acteurs ont une clause dans leur contrat qui leur garantie non seulement un minimum de lignes, mais aussi leur part de répliques witty.

Plume

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« Réponse #5 le: septembre 11, 2022, 03:31:17 pm »
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Voilà. Le problème c'est que les personnages ne sont plus écrits. Ce sont des porte-étendards sans-âme.



Je suis assez d'accord avec toi sur ce point-là. Un individu qui aime ce qui est fin, subtil, profond, nuancé, etc., ne peut qu'être déçu ou ne pas apprécier cela.

« Les personnages ne sont d'ailleurs pas développés pour deux sous. On les voit rarement évoluer hors de leur groupe d'amis. Les deux sbir[e]s de Julien, Luna et Monet, sont aussi profondes que des pédiluves. La personnalité de Obie se limite à son activisme dont nous ne sommes témoins directs qu'à de très rares occasions. Max est légèrement plus développé que la moyenne des autres personnages secondaires. On a donc seulement 4 personnages (Zoya, Julien, Max et Audrey) sur 7 qui ont droit à un[e] histoire qui va légèrement plus loin que d'être simplement bisexuel. Mais très légèrement seulement, hein, faudrait pas passer plus de 10 minutes à écrire le scénar de chaque épisode. » ^^
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« Réponse #6 le: septembre 11, 2022, 04:07:36 pm »
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On a donc seulement 4 personnages (Zoya, Julien, Max et Audrey) sur 7 qui ont droit à un[e] histoire qui va légèrement plus loin que d'être simplement bisexuel.

Voilà un autre point crucial : des personnages qui se définissent non plus par ce qu'ils font, mais simplement par ce qu'ils sont.

Plume

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« Réponse #7 le: septembre 11, 2022, 04:27:27 pm »
+1

Pour ce qui est de « ce qu’ils sont », cela peut également être fort intéressant (histoire / psychologie / for intérieur / entrailles / âme / etc. des personnages), mais ils ne sont pas que « leur orientation sexuelle ». Or, c’est cette dernière qui est de plus en plus utilisée (en priorité / premier lieu) pour définir autrui ou pour se définir soi-même. Ce n'est pourtant qu'une "donnée" parmi tant d'autres, qui sont probablement plus passionnantes... Il est dommage (à mes yeux) qu'on lui accorde une telle importance et que l'on reste à la surface des choses (et des gens). Personnellement, je me contrefiche de ton orientation sexuelle, ce n’est pas cela qui m’importe le plus. Tu peux bien évidemment m’en faire part, cela ne me dérange guère ; mais pour ma part, je ne me présente pas ainsi : « Bonjour, je m’appelle Plume et je suis *orientation sexuelle* ». C’est une information importante dans certaines circonstances (une rencontre amoureuse, par exemple), mais la Terre entière n’a pas besoin de connaître mon orientation sexuelle ; cela ne la regarde d’ailleurs pas. Dans un film ou une série, cela peut parfois, mais pas toujours (en pareil cas, je ne vois pas l’intérêt de la mettre autant en avant, de s’appesantir là-dessus… au détriment du reste), constituer un élément essentiel ou un paramètre déterminant. Toutefois, qui dit « élément essentiel », dit « approfondissement (d'une problématique, par exemple) », sinon ce n’est pas très intéressant (selon moi).

« Modifié: septembre 11, 2022, 09:21:50 pm par Plume »
« Si la musique nous est si chère, c'est qu'elle est la parole la plus profonde de l'âme, le cri harmonieux de sa joie et de sa douleur. » (Romain Rolland)

Plume

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« Réponse #8 le: septembre 23, 2022, 04:22:36 pm »
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Je me suis dit : « Bizarre, il n’y a pas « Gossip Girl : Nouvelle génération » ce soir... » Ils ont modifié le programme TV...

« Gossip Girl, nouvelle génération : terrible flop pour la série, la fin déprogrammée, une saison 2 impossible pour Jordan Alexander sur TFX ? » https://www.toutelatele.com/gossip-girl-nouvelle-generation-terrible-flop-pour-la-serie-la-fin-deprogrammee-une-saison-2-impossible-pour-jordan-alexander-sur-tfx-144657

Ceci explique cela… ^^
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