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Woke me up before you go go

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Cinéphile:
https://www.bbc.com/news/world-us-canada-50239261

Last April, he told a crowd at an Obama Foundation event in Berlin: "One of the things I do worry about among progressives in the United States, maybe it's true here as well, is a certain kind of rigidity where we say 'Uh, I'm sorry, this is how it's going to be' and then we start sometimes creating what's called a 'circular firing squad', where you start shooting at your allies because one of them has strayed from purity on the issues."

C'était en fuckin' 2019.

Et on s'entend que l'époque où on pouvait tempérer la rigidité des wokes en plaçant "a certain kind of" devant est maintenant chose du passé.

Mr Obama told the audience: "I get a sense among certain young people on social media that the way of making change is to be as judgemental as possible about other people. "If I tweet or hashtag about how you didn't do something right or used the wrong verb, then I can sit back and feel pretty good about myself because 'Man did you see how woke I was? I called you out!'"

C'est tellement ça.

Pas tous évidemment, mais une forte proportion qui, sans même être majoritaire, nuit au groupe.

Et je vais vous faire une prédiction terrible.

La prise de conscience que l'ancien forumeux Antagoniste a eue en 2016 sur le déclin de la droite, la déception que Pontiak nous a partagée au début de l'année en ce qui a trait aux gun owners militants - et par-delà aux Républicains et à la base de la droite en général - on va la vivre à notre tour à propos de la gauche.

Pas aujourd'hui.

Pas demain.

Mais plus ça va aller, plus ça va devenir malaisant de s'identifier à une gauche qui n'aura plus de progressiste que le nom.

Peut-être que cela aura du positif. Qu'il y aura assez d'anciens de militants désabusés de la droite et d'anciens militants désabusés de la gauche qui se retrouvent ensemble au centre pour former ce que Oscar dans The Office qualifiait de "coalition de la raison". C'est à souhaiter.

Mais it's gonna get worse before it gets better, ça c'est clair.

Pour reprendre les propos de Pontiak :


--- Citation de: Gilbert Du Motier le janvier 01, 2021, 01:41:43 pm ---Les gun owners wokes, c'est de la crasse.

Aucun sens du devoir.

Ils m'ont décu en tabarnak.

J'en ai vu cracher de la marde en toute impunité (…) et recevoir trois tonnes de pouces en l'air.

De la droite gauche épaisse sans aucun sens des responsabilités et aucun sens du devoir et du sacrifice. J'en ai vu délirer publiquement sur (x, y, z dérapes) et recevoir l'approbation générale.

De la câlice de marde. Ca s'est mis à sentir la secte à plein nez.

Pas question d'être associé à ça.
--- Fin de citation ---

Avant longtemps, on pourra effectivement dire la même chose d'une certaine gauche contaminée par les wokes. Une gauche puritaine, dépourvue de jugement et incapable de faire la part des choses comme de remettre une oeuvre culturelle dans le contexte de son époque. Une gauche inapte à choisir ses combats et qui, par conséquent, tire sur tout ce qui bouge sans discernement. Une gauche de chasse aux sorcières. Une gauche qui s'enfarge constamment dans les fleurs du tapis. Qui s'offusque non pas pour un rien, mais pour 1001 rien chaque jour. Mais aussi, une gauche centrée sur sa petite réalité occidentale et de plus en plus coupée du reste de la planète.

Et surtout, une gauche qui, comme Falardeau le disait à propos de certains indépendantistes, est davantage préoccupée par la couleur des rames que par le fait même de ramer.

Une gauche à laquelle je ne m'identifie déjà plus tellement moi-même...

Tam!:
Je m'attendais à ce que tu partages ce texte.

https://www.lapresse.ca/actualites/education/2021-01-29/les-mots-tabous-encore.php

Maudit niaisage.

Cinéphile:
Il n'était pas publié encore au moment j'ai édité mon message, mais oui, ça entre clairement là-dedans.

Et c'est beaucoup plus que du niaisage, Tam. Il faut mettre les comparaisons boiteuses de Sharl avec les Trumpistes de côté un moment et voir ce mouvement pour ce qu'il est. Aujourd'hui une enseignante ne peut plus prononcer un mot aux risques de représailles. Demain une journaliste ne pourra plus dénoncer ce genre de situation sans courir les mêmes risques.

Dans l'article que tu cites, on parle de prévenir les étudiants, de leur offrir de sauter des pages, de caviarder des mots, de les censurer, de mettre des oeuvres à l’Index, voire de ne pas lire les œuvres entières. Ne pas lire des oeuvres entières! Autrement dit, des étudiants qui préfèrent ne pas lire une oeuvre de 85 000 mots sous prétexte qu'il y en a un quelque part qui ne fait pas leur affaire. Et l'argument fallacieux qui veut atténuer cette censure "sous prétexte qu'il n'y a d'autres oeuvres dont on peut se servir pour enseigner la littérature" est exactement le même discours qu'on nous a servi pour censurer Félix Leclerc l'an dernier. Tout cela aurait été impensable il y a à peine 20 ans. C'est une génération qui n'a aucune conscience des décennies de luttes qui ont été nécessaire avant d'abolir le Code Hayes ou le Bureau de la censure et qui, si on la laissait faire, nous ramènerait en plein là-dedans.

Tam!:
Oui c'est aberrant, ET c'est du maudit niaisage, je ne sais pas pourquoi tu me pousses à déchirer ma chemise au niveau exact que tu le souhaites.

Cinéphile:
Qualifier ça de niaisage atténue encore une fois ce qui se passe. Mais je ne veux pas pousser personne, je tiens surtout à éclairer le terrain sur lequel on s'engage (je concède que j'ai pas juste sorti ma lampe de poche), chacun cheminera bien à la vitesse qu'il veut. Certains ici n'atteindront pas ce niveau. D'autres comme Dalp y sont déjà. Et pour d'autres encore, ça prendra simplement davantage de cas avant de constater que ce ne sont plus des incidents isolés. Dans 2-3 ans, si on est encore ici, je remontrai le premier message de ce fil de discussion et on en rejasera.

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