Une claque, une pépite, une perle rare ! Une œuvre d’art monumentale !
J’écoute énormément de musique (les disques que je note ici ne constituent qu’une petite portion de tout ce que j’écoute), mais j’attribue rarement une telle note à un album. « Cherokee Rose » est jusqu’à présent mon « AOTY » et il le restera probablement durant un certain temps, et peut-être même jusqu’à la fin de l’année, qui sait… Ce n’est pas un album que l’on écoute et que l’on finit par oublier, en tout cas. Il ne laisse pas indifférent, non plus.
J’étais vraiment impatiente de pouvoir l’ajouter sur AOTY. À vrai dire, il y a tellement de choses à en dire que je ne sais pas trop par où commencer…
Je ne connaissais pas Jérémie Bossone auparavant et son album ne fait malheureusement pas partie de ceux qui sont mis en avant par les gros médias connus du grand public. (Jérémie Bossone a pourtant déjà reçu de nombreuses récompenses au cours de son parcours…) Cela a d’ailleurs tendance à m’agacer, car mes albums préférés ne font généralement pas l’objet d’une large publicité et ne bénéficient donc pas d’une grande visibilité. « Combien de génies dont jamais personne n’entendra parler ?! » C’est la raison pour laquelle je suis venue ici. Si vous aimez cet album, n’hésitez d’ailleurs pas à en parler autour de vous, car il mérite vraiment beaucoup plus de « vues », qu’autrui prenne le temps de l’écouter en entier.
Ce fut une très belle découverte pour moi. J’ai eu un coup de cœur pour lui. La première fois que je l’ai écouté, je me suis dit : « Putain, que c’est bon ! » C’est notamment dans l’espoir de tomber sur un tel bijou que j’écoute préalablement un nombre incalculable d’albums qui sont plus ou moins, voire pas du tout, à mon goût. Lorsque je mets enfin le doigt sur un tel diamant brut, je me dis que tout cela en valait finalement la peine. En la matière, à force de recherches (parfois fastidieuses), on finit par trouver ce qui nous plaît.
Jérémie Bossone a une très belle plume. Cette dernière est singulière, inventive, ingénieuse, épatante, rigoureuse, vive, agile, affûtée, incisive, mordante, ardente, effervescente, enragée, révoltée, survoltée, fougueuse, lyrique, poétique, délicate, rêveuse, songeuse, sincère, vibrante, poignante, ludique, amusante, captivante… (Je pourrais continuer ainsi durant un certain temps… ^^)
Et quel interprète ! Jérémie Bossone est chaud bouillant ! Il est polyvalent et il déborde d’énergie. Doté d’une voix atypique, il a un véritable talent pour la narration : très bonne diction, etc. C’est un excellent conteur d’histoires. On sent qu’il aime les lettres, mais pas que… On sent qu’il aime l’art avec un grand « A », plus largement. C’est épique, romanesque et cinématographique.
On ressent vraiment une kyrielle d’émotions différentes au cours de cet album, qui peut vous faire passer du rire aux larmes. C’est puissant et passionnant ; tantôt marrant, tantôt émouvant ; tantôt doux et tendre, tantôt entraînant, explosif et percutant. On ne s’ennuie pas, il y a des rythmes fous, des montées d’adrénaline, etc.
Cet album est également éclectique : récits intimes (narrant des quêtes existentielles, sentimentales, sportives ou artistiques), critiques sociales, etc.
Chanson française (à texte), poésie, slam, rap (quels flows !), rock alternatif…
Musique orchestrale, acoustique, électro…
[Sur Internet, on peut lire des choses comme : « On y passe de chansons incarnées à des raps épiques, d'un road-movie teinté d'accents synthwave à des ballades folk revendicatrices ou tressées d'arpèges buckleyiens. »
« La presse le décrit comme « le chaînon manquant entre Brel et Noir Désir », « la fusion entre Rimbaud et Dylan ». Bossone commente : « Pas mal, mais réducteur ». »
« Artiste polymorphe, capable de glisser d'un brûlot rock à une reprise de Barbara, en passant par des slams mélancoliques ou un lied de Schubert, il revendique une liberté esthétique totale et déclare n'appartenir à aucun mouvement. »
« Inclassable.
À la croisée de Brel, Eminem, Wagner, Dylan, Kavinsky...
En un mot : Bossonien. »
« Certains vous diront que c’est du rock brélien ou du rap ferréen, peu importe, Jérémie joue ici sa filiation avec une certaine tradition de la chanson française qui saigne, qui pleure et qui crie jusqu’au déchirement total et fatal. Mais, plus encore, il saute, virevolte, bondit et franchit les lignes, casse les repères, mettant le rêve à portée de la vie, comme un Prévert du troisième millénaire, pour en faire de l’espoir sans qu’on s’en rende compte. C’est Calvin traînant Hobbes sur les pas d’Eminem, pour écarter les barreaux, pousser les murs, gonfler les cœurs, élargir la pensée, sans ordre, sans consigne. »]
« Cherokee Rose » est l’œuvre d’un être profondément humain, sensible et passionné, à n’en pas douter. Jérémie Bossone semble avoir tout donné. C’est profond, intense, viscéral ; ça vient des tripes.
En somme, « Cherokee Rose » est un superbe album : très riche, audacieux, original, surprenant, éclectique, authentique, sensationnel, spectaculaire… En un mot : magistral !
Nota bene : La Cherokee Rose (Rosa laevigata) est liée à la « Piste des larmes » (= déportation du peuple cherokee). Ses pétales représentent les larmes versées par le peuple en question.
Mes pièces préférées : « Le Cercle », « Monumental », « La page blanche », « Cherokee Rose », « Tigre », « Not dead » et « Mont-Perdu ».