Je vais passer très vite sur le premier point de Sharl tout à fait misogyne.
Pour le reste : c'était une entente cordiale, on s'entendait plutôt bien même si on n'aurait pas été forcément copines dans la vraie vie. J'ai toujours été sa supérieure hiérarchique, mais je suis sa N+2 (sa N+1 est en congés maternité). J'ai plus d'expérience qu'elle et elle a toujours bien accepté le fait, disant des choses du style "Aaahhh, c'est pas pour rien que c'est toi le chef" quand je trouve une solution à quelquechose. Je n'ai pas pu faire passer la promotion qu'elle a demandée, tout simplement car elle est trop loin du niveau des autres pour l'instant - ça l'aurait mis en situation d'échec directement et ça aurait été perçu comme du favoritisme éhonté par tous les autres. Et c'est pour ça que je passe beaucoup de temps à relire et commenter son travail : pour qu'elle soit en meilleure position la prochaine fois et je trouvais qu'elle allait dans la bonne direction.
Je n'ai parlé de la situation qu'à deux personnes spécifiques, dont je supposais, à raison, qu'elles étaient au courant de la situation. Et la conclusion était la même : la laisser se calmer sans la déranger et espérer que les choses reviennent à la normale d'ici quelques jours.
Ayant eu une grande variété de managers, j'essaie consciemment de ne pas reproduire les comportements qui ne me plaisaient pas et j'ai l'impression d'être un manager très gentil voire trop. Je ne donne pas d'ordre ni n'engueule personne. Je ne micromanage pas, je ne flique aucun horaire, je prend le temps d'expliquer pourquoi on a besoin de telle ou telle chose, je laisse tout tomber mes propres besoins pour répondre aux besoins de l'équipe en premier pour qu'ils ne soient pas bloqués (au point de me mettre en difficulté moi-même parfois), quand il y a un problème, je le signale mais en me concentrant sur la solution, je prend sur moi la responsabilité des décisions et des erreurs - mais, à nouveau, c'est ce que je pense faire et ce n'est peut etre pas ressenti comme ça par tout le monde. Par contre, pour mon côté tyran, c'est vrai que par souci d'efficacité, je tranche souvent (l'expérience m'a montré que les gens préfèrent souvent que quelqu'un d'autre prenne la responsabilité de décider plutôt que tergiverser pendant 10 ans) et ça peut être mal perçu.
Mais ça fait plusieurs années que c'est comme ça, on a des bons résultats et les gens ont l'air contents d'être dans mon équipe (certains m'ont dit qu'ils restaient dans notre société malgré les changements tant que moi j'y reste avec eux et il y a même des gens d'autres équipes qui viennent leur dire qu'ils ont de la chance d'être avec moi - c'est que je dois pas être complètement dans le champ)
La cause immédiate de la crise : il y a quelquechose qu'elle n'avait pas compris sur la nature même d'un process informatique et elle s'est braquée pendant que j'essayais de lui expliquer en disant que "ce n'était que mon opinion" (alors que c'etait un fait, un chou n'est pas une carotte). Et à partir de là, que je n'acceptais aucune opinion différente de la mienne etc etc
Sharl relève le point qui me pertube le plus en effet : j'ai déjà eu un conflit avec une autre personne dans le passé. La situation était complètement différente, je n'avais aucun lien hiérarchique avec elle, et elle m'a eu dans le nez dès mon arrivée. Ce n'était pas personnel à la base - mais ça l'est devenu. Le fait est que je n'ai pas réussi à désarmorcer la situation avec elle non plus et que ma communication semblait empirer les choses (plus je faisais d'efforts, plus elle se braquait)
1) J'ai clairement quelquechose à améliorer, à mieux doser, pour certaines personnalités que manifestement je n'arrive pas à bien cerner.
2) Mais en même temps, je suis un peu triste/fâchée : je me suis mise en 4 pour ces deux personnes, j'ai supporté des attitudes malveillantes, grincheuses et des attaques, j'ai pris sur moi pour rester calme et diplomate alors que j'étais blessée et qu'elles me mettaient et mettaient l'équipe en difficulté. C'est pour ça que je viens faire mon auto-analyse ici
