Auteur Sujet: Bilinguisme au quotidien à Montréal  (Lu 184 fois)

Bilinguisme au quotidien à Montréal
« le: juillet 29, 2017, 07:22:02 am »
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Je suis loin de Montréal depuis plus de 10 ans, mais j'y ai vécu, et il y a toujours eu, depuis des siècles, des anglais et des français. Il y a encore 10 ans, on traversait St-Dominique vers l'ouest et on passait de l'un à l'autre.

J'aimerais savoir à quel point, maintenant, on passe de l'un à l'autre en plein milieu d'une phrase ou d'une discussion. J'en vois des signes par ci par là sur internet, dans des bouts de phrases en anglais en plein milieu d'une discussion, et j'entend parler de ce phénomène des fois dans le Devoir ou ce genre de trucs. Je ne suis pas un apparatchik de la langue, mais le phénomène m'intéresse. Il y a dix ans, on ne voyait pas vraiment ça entre deux francophones ou en plein milieu d'une discussion en français. 

Toute ma famille est à Montréal, et entre nous, on parle en français exclusivement, par habitude, mais j'ai le goût de leur demander s'ils utilisent souvent des expressions ou des bouts de phrases en anglais dans leur quotidien. Du genre de ceux que je vois dans certaines discussions sur Facebook, avec plein de «first of all», «wait a minute» «by the way», etc. Ça semble assez répandu et apprécié dans certains milieux et circonstances, mais je ne sais pas encore lesquels (toutes, de manière généralisée, ou certaines circonstances et milieux plus que d'autres ?). J'ai envie d'en apprendre plus sur ce phénomène, et voir si on est rendu comme à Moncton avec un pourcentage mots anglais dans des phrases («prend une cup de tea, avec un peu de milk dedans»). Voir si la transition, entre le parler de notre jeunesse et notre parlé actuel/adulte/montréalais se fait tout seul, de manière inconsciente, ou de manière consciente, comme s'il y a des seuils qu'on franchit (genre, la première fois qu'on dit quelque chose, ça fait bizarre mais on s'habitue vite).

J'imagine aussi que c'est un phénomène à sens unique et que les anglophones de Montréal ne disent pas des petits mots et expression françaises ou québécoises tel que «comme, genre», «crissement pas» ou «du coup». Mais peut-être que c'est le cas.
« Modifié: août 12, 2017, 11:31:29 am par Gustavus »

Bilinguisme au quotidien à Montréal
« Réponse #1 le: juillet 29, 2017, 08:53:20 am »
+2
Gustavus y'a les Montréalais issus des quartiers pauvres qui vont coloré leur québécois avec des mot anglais dans un vocabulaire 10 fois plus douteux que le mien.

Donc tu te promènes dans Hochelaga et tu vas entendre des trucs comme :

- Sorry man, chu fucking late par ce y'a fallu j'aye me pogner des smokes au dep pis je trouvais pu mon cash.
- C'est cool, no stress, on se'r'pogne tomorrow anyway.
- Ok, call me su mon cell.


Sinon y'a des anglos qui vont placer des expressions Québécoise pour coloré leur propos. -blonde-  -tsé-  -pogné- -pis- -chum- ( a la place de boyfriend) et certains sacres sont pas mal utilisés par les anglophones de Brossard et de la banlieue.

- The boss was fine with me but sa blonde... she's crazy. She was giving me shit for no reason again pis j'étais comme wooo, relax tsé and just leave me alone i need some space avant je pogne les nerfs tabarnak.


Par contre, je ne dirais pas qu'il y'a plus d'anglo qui vont placé -tsé- a la fin d'une phrase qu'il y'a de franco qui vont utilisé -you know-

Il y a quand même un courant qui ressemble a ce que tu expliques qui semble sortir des francophones universitaires un peu hipster vivant dans le midland.


Je crois que la tendance des jeunes universitaires francophones ayant une bonne maitrise de l'anglais est de délaisser beaucoup la télé francophone au profit de la télé américaine et d'ensuite utilisé des expressions entendu non pas dans la rue mais dans les émissions de télé et sur des podcast américains.

Internet a été la meilleur école anglophone du monde pour bien des franco Québécois et maintenant ils consomment beaucoup de culture en anglais. Avant il y avait la musique mais depuis 10-15 ans les francos de moins de 40 ans écoutent la télé américaines en anglais. Même chose pour les films, les humoristes, HBO, Netflix, CNN, les lates shows etc etc.

Donc les expressions entendu dans la culture américaine suivent souvent dans les conversations de tout les jours.

Bref, même si le Québec est toujours dans le Canada, çe n'est, de toute évidence,  pas assez pour nous prémunir de ce phénomène.

Je dis ça par ce que l'argument des fédéralistes est que d'être dans le Canada nous protège un peu de la culture américaine mais on dirait que non finalement.

Un Québec souverain ne ferait surement pas mieux MAIS probablement pas plus pire selon moi. La culture américaine est trop puissante, trop présente et franchement très attrayante.

Les anglos Québécois que je connais ne savent pas grand chose de la culture Québécoise mais quand tu fouilles un peu, tu réalises qu'ils en savent encore moins sur la culture anglo canadienne. Les américains occupent pas mal tout l'espace culturel.




« Modifié: juillet 29, 2017, 09:57:33 am par Dogma »

Jay.

  • Fifille Victimisante
Bilinguisme au quotidien à Montréal
« Réponse #2 le: juillet 31, 2017, 10:05:22 am »
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C'est plus répandu comme pratique chez les plus jeunes (mi-vingtaine) je crois.
Je répond au cliché parce qu'en plus de consommer beaucoup de produits culturels en anglais, mon milieu de travail est à forte majorité anglophone. L'anglais fait partie de mon quotidien. Je rêve dans les deux langues. Certains concepts portent un terme dans une langue ou dans l'autre dans ma tête et je cherche mes mots si je ne le laisse pas sortir dans la langue dans laquelle c'est enregistré dans ma tête.
Je peux sauter d'une langue à l'autre inconsciemment dans une phrase. (Plus pour un mot ou une expression que vraiment commencer une phrase dans une langue et la finir dans l'autre)

J'ai l'impression qu'il y en a pour qui c'est plus pour faire "cool" qu'un réel mélange des langues. Mais c'est aussi une nouvelle façon de parler. Une évolution de ce qu'on connait déjà du parlé populaire québécois (parking, ticket, etc.), mais qui se fait plus main dans la main avec l'anglophone que dans une perspective de dominant-dominé.

C'est vrai que c'est relativement à sens unique. Au travail, il va y avoir des anglophones qui vont dire des mots en français, souvent quand il n'y a pas d'équivalent. J'ai travaillé avec une femme pour qui le français était une 4e langue et qui utilisait souvent des termes en français (ex. Pamplemousse impossible de le dire en anglais parce qu'un pamplemousse, ça ne ressemble pas du tout à un raisin). On sautait souvent d'une langue à l'autre.

Je suis allée à un festival vendredi. Un gars est venu me parler et la conversation a sauté du français à l'anglais naturellement. C'est après coup que j'ai réalisé combien ça a alterné d'un à l'autre.

Les délimitations linguistiques sont beaucoup plus poreuses qu'avant.J'entends très souvent des gens parler en anglais dans l'Est de Montréal alors que c'était très rare il y a 10ans
« Modifié: juillet 31, 2017, 10:07:13 am par Jay. »
J'avais une idée de signature géniale, mais je ne m'en rappelle plus.

El Kabong

  • Données erronées, résultats significatifs.
Bilinguisme au quotidien à Montréal
« Réponse #3 le: août 08, 2017, 14:17:25 pm »
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Bilinguisme?

Les anglophones qui pullulent de plus en plus dans Ho-Ma ne sont bilingues que quand ils sont vraiment forcés de le devenir, et encore.

Le bilinguisme est le signe que la langue française va en s'amenuisant.
Z

sharl

  • Taupe vaillante
Bilinguisme au quotidien à Montréal
« Réponse #4 le: août 08, 2017, 15:52:43 pm »
+1
Dans la belle ville de Québec tout le monde parle et est content de parler français -- à commencer par les anglophones qui y vivent et les touristes qui nous visitent. Rendus à Montréal -- ville maudite, sale et tout croche -- les mêmes ne vont plus parler qu'anglais,,, 
« Modifié: août 08, 2017, 16:11:09 pm par sharl »

El Kabong

  • Données erronées, résultats significatifs.
Bilinguisme au quotidien à Montréal
« Réponse #5 le: août 16, 2017, 14:35:47 pm »
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Dans la belle ville de Québec tout le monde parle et est content de parler français -- à commencer par les anglophones qui y vivent et les touristes qui nous visitent. Rendus à Montréal -- ville maudite, sale et tout croche -- les mêmes ne vont plus parler qu'anglais,,,
Si je comprends bien ta prose, Montréal est une ville maudite, sale et tout croche parce qu'elle est maintenant majoritairement anglophone et fédéraliste?
Z